jeudi 16 novembre 2017

Le Père David, l'Impératrice et le Panda (José Frèches)

Un grand roman épique.
L'histoire passionnante d'un animal devenu une légende.

"Vous le connaissez tous, avec sa splendide livrée noir et blanc, son air bonhomme, son appétit insatiable et sa démarche rigolote... le panda ! L'ami des enfants et le symbole de la préservation de la nature...

Ce que vous ignorez peut-être, c'est qu'un missionnaire français, le père Armand David, en 1869, est à l'origine de sa découverte. Sans lui, le panda aurait été décimé par la chasse et la déforestation.

C'est en m'inspirant de cette histoire vraie que je vous invite à me suivre jusqu'aux forêts du Sichuan, le territoire du panda géant, à remonter le fleuve Bleu, à explorer la fabuleuse Cité interdite et Shanghai la mystérieuse, sur les traces de mon héros, le père David Etcheparre, à la rencontre de l'impératrice Cixi et de Fleur de Sang, une jeune fille amoureuse des pandas.

Ensemble, nous découvrirons une Chine plus mystérieuse que jamais, soumise à tous les assauts, rongée par l'opium et pourtant insubmersible... mais aussi cet animal magnifique, dont le pays a fait l'un de ses principaux ambassadeurs. " José Frèches

Allez, hop ! On prend un peu de temps et on se flanque un coup de pied aux fesses pour taper cette chronique, sinon, j’y serai encore dans trois mois !

Le Père David, l’Impératrice et le Panda nous embarque auprès du Père David (on s’en serait douté), missionnaire lazariste qui va partir en Chine. Ce prêtre, qui rêve depuis sa jeunesse de voyager, est aussi un grand naturaliste qui rêve de découvrir de nouvelles espèces. C’est au cours de son séjour en Chine qu’il découvrira l’existence du panda, cet animal si mignon que nous connaissons tous aujourd’hui, mais qui à l’époque n’était connu que d’une poignée de gens ! Mais pour permettre à cette espèce de survivre, le Père David devra aller de rebondissements en rebondissements… et si le panda était appelé à devenir bien plus qu’une découverte scientifique ?

Je ne sais pas vous, mais déjà, je trouve cette couverture juste trop mignonne. En même temps, il y a des pandas juste tellement chous, dessus, il était difficile de ne pas la trouver mignonne. La thématique du roman est plutôt rare, de même que le contexte historique. Comme je suis curieuse, je me suis dit : « pourquoi pas ? ». La découverte que j’ai faite était effectivement intéressante, et j’en ai appris pas mal, même si côté plaisir de lecture, je n’en ai pas autant ressenti que je l’espérais. Je vais vous expliquer tout ça.

José Frèches est un spécialiste de la Chine, et ça se sent dans sa narration : il profite de plusieurs points pour glisser des détails sur la vie dans ce grand pays, sur les coutumes dont, nous, Occidentaux, ne savons rien, et sur encore bien des éléments. Ainsi, le lecteur fait face à une grosse poignée d’éléments qui sont enrichissants, mais qu’il faut savoir coordonner entre elles. La présence de personnages de fiction et d’autres historiques rend le tout encore un petit peu plus compliqué, parce qu’il faut tout resituer. Après, José Frèches possède heureusement une plume fluide et précise, il semble jouer avec son lecteur, ce qui rend le tout moins pesant, il faut l’admettre. Mais c’est dense quand même. J’ai appris beaucoup de choses sur ce contexte, cela dit !

Concernant l’intrigue, elle met du temps à se mettre en place, à proprement dit. Je dirais qu’une grosse partie du roman nous invite à suivre le Père David dans sa mission et dans ses débuts en tant qu’étranger en Chine. C’est romancé, et ça nous prépare à la suite, qui arrive dans la deuxième partie du roman. Le panda n’arrive que bien plus tard, et l’Impératrice prend sa place surtout dans la dernière partie du roman. Tout se coordonne ainsi plus tard, ce qui n’est pas non plus évident pour le lecteur. Mais c’est intéressant, encore une fois ! Pour celui qui se laisse distancer, il faut s’accrocher. J’ai mis du temps, à lire ce roman, mais j’ai fait une balade intéressante et originale, dans une intrigue réfléchie, renseignée et construite.

Au final, si vous cherchez un roman addictif et prenant, ce n’est pas forcément le bouquin qu’il vous faut. En revanche, si vous cherchez un livre qui va vous apprendre des trucs et qui essaie de romancer quelque chose qui s’est passé (pas forcément comme ça, mais dans le style d’une fable), c’est le bon roman ! Les personnages sont travaillés, et si j’ai eu du mal à m’attacher à eux du fait qu’on les suit trop sporadiquement (il y a de grosses ellipses pour favoriser la vue d’ensemble de l’intrigue), j’ai aimé les côtoyer. Ils sont réalistes, nous offrant sourires et malaises, comme des personnes normales le feraient.

Comme j’ai déjà parlé de la plume plus haut, je vais passer directement aux valeurs. José Frèches élève plusieurs fois le débat dans le roman à propos de la vision du missionnaire et de la transmission de la foi, de la complexité de l’évangélisation dans des contrées qui ne croient pas. J’ai aimé voir les doutes et les réflexions, la remise en question du Père David et de ses compagnons. Tout comme j’ai apprécié le recul que le lazariste prend entre son devoir de missionnaire et son côté naturaliste, scientifique. C’était assez justement amené, sans pour autant pousser le lecteur à choisir un camp. De fait, le roman peut nous inviter à considérer nos principes et à nous y accrocher, parce que c’est ce que font beaucoup de personnages. Ils suivent leur conscience avant tout. Je pourrais aussi parler de manipulations, du pouvoir de la drogue, parce qu’avec tout ce que José Frèches a présenté dans son intrigue, on pourrait y passer un long moment. Il y a plusieurs personnages emblématiques qui amènent tous une problématique qui fait réfléchir. Enrichissant, j’ai dit, non ? Je répète et j’insiste !

En fin de compte, Le Père David, l’Impératrice et le Panda a été un roman intéressant, enrichissant et dépaysant pour moi. J’ai appris de nombreuses choses, côtoyé des personnages travaillés et réalistes, et bien que je ne me sois pas attachée à eux, j’ai apprécié voyager à leurs côtés. L’intrigue n’est pas addictive, prenante au possible, mais elle nous invite à faire un tour dans une Chine que nous connaissons peu en Occident, auprès de ce prêtre qui ignore le retentissement de la découverte qu’il fera. José Frèches a le sens du détail, parfois même un peu trop, même s’il garde une plume relativement fluide, et qu’il parvient à créer un lien avec son lecteur, une connivence assez notable. Bref, c’était quand même une bonne lecture, juste différente de ce à quoi je suis habituée ! En conséquent, ce sera un 15/20 pour moi et je vous le recommande !

mardi 7 novembre 2017

Bilan Octobre 2017



Lectures :



Chroniques :

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Emprunts :




Coup(s) de cœur :



Je n'aimerai plus (Stéphane Soutoul)

Inconsolable, Solange trouve refuge dans la solitude depuis le décès de son premier amour. Le marquis de Rousserolle souhaite malgré tout que sa fille épouse un aristocrate digne de son rang. Dans l’attente de fiançailles auxquelles elle refuse de se soumettre, Solange est placée sous la protection de Childéric de Frazignac. Dès le premier regard, la jeune femme perçoit le bretteur taciturne comme une atteinte à sa liberté. La guerre ne tarde pourtant pas à s’embraser aux frontières du royaume. Pris dans la tourmente des événements, Solange et Childéric apprennent à cohabiter, à découvrir leurs blessures mutuelles, leurs espoirs... Se pourrait-il qu’un cœur en deuil finisse par s’éprendre d’une âme torturée, envers et contre tout ?

Et si je rattrapais mon retard de chroniques en vous parlant d’un livre que j’ai véritablement apprécié ?

Je n’aimerai plus est un roman de type historique/fantasy/surnaturel. Il nous embarque dans un monde qui pourrait être le nôtre, ou presque, et où Solange, jeune noble de 19 ans, se morfond encore de la mort de son protecteur et premier amour, deux ans plus tôt. Bien décidée à ne pas se marier, elle va pourtant devoir obéir à son père, lorsque celui-ci lui impose un nouveau gardien, en attendant qu’elle trouve un bon parti. Et même si Solange est bien décidée à mener la vie dure à Childéric, il se pourrait que derrière le masque impassible et froid de cet homme se cache un cœur blessé, un cœur qui changerait tout pour elle…

Alors déjà, je dois dire que je suis de plus en plus admirative du travail de Stéphane Soutoul. Je l’avais découvert avec Si proche de lui, puis Anges d’Apocalypse, et ensuite dans ses thrillers sentimentaux chez Pygmalion (La Proie du Papillon, et Séduction Maudite). Plus ça va, plus je me laisse embarquer et surprendre par son talent, sa plume qui évolue et qui gagne en poésie, en style…
(Oui, attendez-vous à ce que je sois dithyrambique, hein. J’ai tellement apprécié ce livre qu’il faut que j’en parle, même si j’ai mis des jours et des jours à me lancer dans cette chronique !)

Dès le début du roman, nous plongeons dans cet univers qui ressemble au nôtre, sans l’être tout à fait. Royaume imaginaire, capacités surnaturelles… pourtant, on se croirait encore au temps des chevaliers et des princesses à protéger, avec un air de Renaissance. Et nous faisons la rencontre de Solange, qui se lamente et ne parvient pas à sortir de son cocon de tristesse. Elle ne le souhaite pas, d’ailleurs, au grand dam de son père et de sa sœur. Jusqu’au jour où Childéric va entrer dans sa vie comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Les caractères de chacun des personnages sont très intéressants et bien travaillés. C’est toujours un point super important à mes yeux dans un roman, et plus encore dans une romance : il faut que ça soit plausible. Et là, clairement, j’ai été servie ! Chacun possède sa personnalité, et va évoluer tout au long du récit. 400 pages pour voir nos héros vaciller dans leurs convictions, se rapprocher tout doucement et… et… ehe, non, je ne dirai pas ce qui se produit. Mais Solange est un personnage très déterminé, un peu effacé au tout début, qui va vite étonner le lecteur par la vivacité dont elle va faire montre lors de l’arrivée de Childéric. Elle pourrait devenir irritante avec son obstination, mais Stéphane Soutoul a su la rendre sympathique, et ses tentatives nous laissent curieux pour la suite des évènements, et curieux à propos de Childéric. Ce chevalier reste au départ très mystérieux, et ce que l’on apprend de lui au fil des pages nous le rend plus proche, humain et très touchant. Il en fera rêver plus d’une !

Le rythme de cet histoire n’a rien de précipité. C’est une romance qui prend son temps, et ça fait tellement du bien ! Les choses vont crescendo, et c’est ce qui permet de vivre chaque variation dans toute son intensité, et c’est ce qui rend le tout si réaliste, de fait. En plus de cela, nous voyageons réellement dans le contexte offert par l’auteur, et on s’y croit. Ce n’est pas seulement une histoire d’amour, c’est beaucoup plus.

Je vous ai déjà un petit peu mentionné la plume, plus haut. Stéphane Soutoul réussit à créer un style qui colle à l’époque et au contexte auquel il se rattache : son écriture en devient presque précieuse, ancienne et recherchée. Sans devenir du classique qui peut devenir lourd, on revient à une narration plus riche que ce qu’on trouve parfois actuellement. Et c’est top !

Que dire de plus ? En dehors de Childéric et Solange, les personnages sont travaillés et intéressants. Les gentils comme les moins gentils, d’ailleurs. Réactions épidermiques et attachements à prévoir, si je puis me permettre !
Quant à l’univers, ça reste un univers imaginaire classique, mais réaliste. L’aspect surnaturel est présent, mais juste en touches, pour augmenter le récit et lui offrir une nouvelle dimension, une richesse appréciable.

À propos des valeurs, on peut en tirer beaucoup, et c’est aussi une des raisons pour lesquelles j’apprécie autant ce bouquin. Déjà, la romance invite à songer aux secondes chances, au bonheur retrouvé et à l’acceptation de l’autre dans sa totalité : avec ses failles et ses forces, ses douleurs et ses joies. Ensuite, le lien familial est très puissant, dans Je n’aimerai plus. Solange et Childéric protègent énormément leurs proches, et c’est beau. On peut aussi mentionner la détermination de Solange à suivre son cœur, et à ne pas obéir à la société comme un mouton. C’est loin d’être évident, mais elle est un bon modèle à suivre, tout comme Childéric, qui fait montre aussi d’une belle moralité et qui s’accroche à ses principes. Et on pourrait encore parler de remise en question, du danger des certitudes… mais ce serait long.

En conclusion de cette chronique peut-être un peu fouillis, je dirai simplement que si Je n’aimerai plus n’est pas un coup de cœur, nous ne sommes pas passés loin ! J’ai vraiment apprécié Solange et Childéric, l’univers dans lequel ils vivaient et leur évolution propre. La narration est belle, presque classique sans être lourde, et l’histoire prend son temps, ce qui offre une intensité géniale à chaque nouveau rapprochement entre les deux héros. Si le bouquin n’est pas tout de suite addictif, il le devient très rapidement ! On retrouve aussi de beaux messages que je vous ai présentés plus haut. En bref : un vrai succès que je recommande chaudement ! Ce sera un 19/20 pour moi !