Tome 1 : L'Apprenti Épouvanteur
Septième fils d'un
septième fils, Tom perçoit les ombres de ceux qui ont peuplé la terre et
ressent la présence des êtres maléfiques. A treize ans, il doit quitter la
ferme pour devenir l'apprenti de l'épouvanteur, chasseur de démons et
sorcières. Commence alors pour lui une nouvelle vie, difficile. N'écoutant que
son bon cœur, il va permettre la libération d'une sorcière particulièrement
cruelle que son maître a enfermée dans un puits. Il aura alors à l'affronter à
plusieurs reprises avant de la voir disparaître à tout jamais.
Autant vous dire que même si j’ai croisé plusieurs fois les
romans de cette saga, je n’avais jamais vraiment songé à mettre le nez dedans…
jusqu’à ce qu’on me le prête !
Tom est un jeune garçon qui va se retrouver l’apprenti de l’Épouvanteur,
un être marginal qui chasse les êtres d’obscurité. Loin d’être réjoui à cette
idée, il va pourtant s’appliquer à faire ce qui lui est demandé durant son mois
d’essai. Et décider de continuer sur cette voie. Mais Tom va faire une grave
erreur et délivrer la Mère Malkin, une terrible sorcière avide de sang…
parviendra-t-il à la vaincre définitivement ?
Soyons tout de suite clairs : je n’aurais jamais pu lire
ce livre pendant mon adolescence. La pauvre chose sensible et peureuse que je
peux être n’aurait pas supporté ce genre de littérature. Maintenant, là, à 23
ans, j’ai parfois frémi et senti mon cœur s’emballer, parce que je me
représentais trop bien certaines scènes.
Le premier opus de cette saga nous fait découvrir Tom, un
jeune garçon déjà bien mature pour son âge, mais aussi incroyablement
insouciant et naïf. C’est ce qui le fera tomber dans certains pièges… mais lui
permettra aussi de grandir. J’ai bien aimé sa personnalité, parce qu’elle
véhicule de belles valeurs, de beaux principes, comme celui de se faire sa
propre idée sans se laisser berner par les préjugés des autres. Tom est quelqu’un
de droit et pour ça, son histoire est appréciable à suivre.
S’il est droit et essaie de rester juste, notre héros va
pourtant se retrouver dans des situations d’une noirceur peu courante.
Sorcières avides de sang, fantômes, gobelins… d’autres auraient pris les jambes
au cou bien avant lui ! Parce que Tom a bien peur, mais il affronte ses
peurs, d’autant plus qu’il est le septième fils d’un septième fils et qu’il ne
peut pas échapper à certaines choses.
Ce qui me permet d’aborder le point de l’intrigue : on
verse dans de l’horreur jeunesse, et c’est très bien construit. Chaque élément
en amène un autre, dans une suite logique, et pourtant, nous nous laissons
surprendre et mener entre ces quelques pages. Le tout est très sérieux, même si
on a droit à quelques moments plus légers. Le ton reste frais, comme quelqu’un
qui raconte une histoire à haute voix, bien que les sujets soient peu évidents.
C’est fluide et on se laisse embarquer jusqu’à la fin !
Du côté de l’imaginaire, on peut dire que c’est déjà bien
développé pour un premier tome et je m’attends à ce que la suite offre bien des
précisions sur plusieurs points. J’aime le fait que les croyances de certaines
religions aient été incluses dans ce roman un peu fantasy, notamment sur les
possessions vues par des prêtres.
Je pourrais aussi parler des autres personnages : j’ai
beaucoup apprécié l’Épouvanteur, qui n’est pas un vieil homme grincheux et qui
flanquerait une rouste à son apprenti à la moindre erreur. Non, je l’ai trouvé
pédagogue mais en même temps très fort, et je trouve qu’il a la classe,
vraiment ! J’ai en revanche été moins emballée par Alice, que je ne sais
pas trop comment considérer. J’avais parfois envie de la secouer, ou de l’ignorer,
simplement. Elle est complexe !
Et si on parle des méchants… vraiment flippants. Joseph
Delaney ne s’est pas arrêté au concept de « roman jeunesse » pour
inclure des personnages sincèrement mauvais et meurtriers, raison pour laquelle
je suis contente d’avoir découvert ce début seulement maintenant. Mais c’est un
bon point, parce qu’on voit ainsi le meilleur et le pire de l’homme.
Il y a ainsi beaucoup d’aspects humains qui sont traités
dans ce premier tome : le choix d’une vie, notamment lorsqu’il demande des
sacrifices, l’attachement à sa famille, aux valeurs qui nous paraissent
importantes, le respect des autres ou le courage de faire face… je pourrais en
dérouler tout un parchemin.
En conclusion, servi sur une jolie plume fraîche et fluide,
correspondant bien à un adolescent, on part à la rencontre de l’Épouvanteur, de
son apprenti et de leur monde. Dans une intrigue logique mais semée d’embûches,
parsemée de valeurs qui pourront toucher d’autres comme moi, on découvre un
imaginaire aussi effrayant que réaliste et bien trouvé. Heureusement que j’ai
lu ça tardivement, parce que Joseph Delaney est allé au bout des choses, n’ayant
pas peur de présenter ses méchants sous un jour vicieux, même pour nous. Bref,
c’est un début surprenant, original et marquant !
Ce sera donc un 15/20
pour moi !
Tome 2 : La Malédiction de l'Épouvanteur
Tome 2 : La Malédiction de l'Épouvanteur
Voilà six mois que tu
es l'apprenti de M. Gregory, me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des
événements. À présent, l'obscur t'a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu
es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci lorsque tu seras un homme, mon
fils, ce sera au tour de l'obscur d'avoir peur, car tu ne seras plus la proie,
tu seras le chasseur. C'est pour cela que je t'ai donné la vie." L'Épouvanteur
et son apprenti, Thomas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un
travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une
créature que l'Épouvanteur n'a jamais réussi à vaincre. On l'appelle le Fléau.
Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie,
il devient évident que le Fléau n'est pas leur seul ennemi. L’Inquisiteur est
arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont
affaire aux forces de l'obscur ! Thomas et son maître survivront-ils à
l'horreur qui s'annonce ?
À l’instar du premier tome, ce n’est pas un genre habituel
dans mes lectures. Mais comme j’avais apprécié le début, on a eu la gentillesse
de me prêter la suite ! (les amis qui lisent, c’est trop chouette,
vraiment)
La Malédiction de l’Épouvanteur
nous emmène à Priestown avec le maître et l’élève, lors du décès du prêtre
Gregory, le frère de l’Épouvanteur. C’est l’occasion de régler une affaire
difficile : celle du Fléau, une créature qui influence la population depuis
sa prison souterraine… et qui pourrait bien être fatale à Tom et son maître.
Néanmoins, leurs plans sont totalement chamboulés lorsqu’ils constatent la
présence de l’Inquisiteur, un homme vicieux qui mène une chasse aux sorcières
aussi violente qu’injuste… s’en sortiront-ils ensemble ?
J’avoue que quand j’ai commencé le roman, j’avais tout de
même l’appréhension de lire des trucs qui allaient me faire flipper, d’autant
plus que l’avertissement au dos du roman spécifiait d’éviter de lire ça la
nuit. Néanmoins, je suis curieuse et j’avais envie de voir ce que ça pouvait
donner. Et je n’ai pas été trop inquiétée ! Alors soit je suis plus
résistante que je ne le craignais, soit j’ai bien réussi à bloquer mon
imagination trop fertile… je pencherais pour la deuxième option.
Parce que oui, ce deuxième tome se lit très facilement, de
façon très fluide, et il tient le lecteur en haleine. Il y a peu de temps
morts, ce sont plutôt des temps de pause pour permettre à son héros de se
remettre de ses émotions. Parce que oui, Joseph Delaney plante très vite le
contexte d’un problème de taille, effrayant et qui apparaît comme insolvable.
On se demande vraiment s’ils vont en venir à bout !
En plus de cela, un autre personnage légèrement (incroyablement)
assoiffé de sang, violent et cruel fait son apparition. Comme si les choses n’étaient
pas assez compliquées ! L’Inquisiteur devient une menace aussi pesante que
le Fléau, bien que très différent. Nos héros sont à la fois persécutés par des
aspects imaginaires et surnaturels, ainsi que par d’autres qui sont réalistes,
en provenance d’une autre époque.
Je dois dire ici que je suis encore surprise de voir à quel
point l’auteur a osé aller jusqu’au bout de son intrigue. Il y a du sang, des
morts, de la torture… alors certes, il n’y a que peu de détails et c’est tout
aussi bien pour la pauvre chose sensible que je suis. Mais on est clairement
mis en face d’une réalité crue et ça peut faire peur. C’est vraiment de l’horreur,
et de l’horreur jeunesse. Je trouve que le tout est très bien manié, ça a de
quoi embarquer un jeune lecteur (ou moins jeune, comme moi), le mettre en face
de certaines peurs et prendre conscience de certaines réalités.
Le récit est porté par le jeune Thomas, qui prend des
initiatives, brave les interdits de son maître, parfois… suivant beaucoup son
instinct. Il n’est pas parfait, mais il mûrit, accepte de faire des sacrifices,
sauf quand ça va à l’encontre de ses principes. Tom est vraiment un personnage
qui veut écouter son cœur et qui pense apprendre pour aider les autres, du
coup, même s’il n’est pas totalement parfait, intègre à chaque seconde, il
reste un personnage super chouette à suivre !
De même, les personnages secondaires apportent une vraie
épaisseur au roman, qu’on les aime ou non. Personnellement, j’aime beaucoup l’Épouvanteur,
et en apprendre plus sur lui m’a ravie ! En revanche, concernant Alice, j’ai
eu du mal à accrocher. On ne sait jamais sur quel pied danser avec elle, et c’est
perturbant. Cela dit, ça indique que Joseph Delaney a réussi à lui faire un
caractère bien spécifique !
L’imaginaire est encore une fois très bien étoffé, et on
sent que l’auteur a vraiment pris le temps de tout se représenter, de créer ses
règles, son intrigue pour tout ficeler et embarquer son lecteur. Ça marche très
bien ! En plus de ça, sa plume est très simple, il joue sur les temps,
comme si Thomas nous racontait l’histoire autour d’une table, et que nous l’écoutions
avec attention. C’est simple, direct et on s’immerge très facilement dedans.
Au niveau des valeurs, l’intégrité a toujours sa place, le
fait de suivre son cœur et ses principes aussi. Le courage est bien sûr
présent, l’honnêteté, ou encore la place qu’on offre aux apparences. Les idées
préconçues sont un peu malmenées dans ce roman et j’apprécie : certains
hommes se présentent comme justes et ne le sont pas, ça fait réfléchir. De
plus, la place offerte à l’Église et aux persécuteurs, ou aux personnes
manipulées peut faire réfléchir les plus grands à des époques sombres et
antérieures à la nôtre. J’aime beaucoup ça !
En fin de compte, La
Malédiction de l’Épouvanteur a été une très bonne suite pour moi. Contrairement
à ce que je craignais, je n’ai pas tremblé de peur mais apprécié le côté
imaginaire encore développé par l’auteur, alors qu’il créait une intrigue qui m’a
tenue en haleine. Le roman se lit très vite, la narration est fluide, et le
tout fait réfléchir, avec de belles valeurs, portées par un héros qui grandit
et évolue, tout en suivant son cœur. Attention quand même aux plus jeunes et à
leur imagination fertile : le Fléau a de quoi vous faire trembler…
Ce sera un 16/20
pour moi !
Tome 3 : Le Secret de l'Épouvanteur
Tome 3 : Le Secret de l'Épouvanteur
"L'hiver va être
long et rude, mon fils. Tous les signes l'annoncent. Les hirondelles se sont
envolées cers le sud presque un mois plus tôt qu'à l'accoutumée, et les
premières gelées sont survenues alors que mes rosiers étaient encore en fleur
Je n'avais jamais vu ça. Ça sera une période
éprouvante : aucun de nous n'en sortira indemne. Aussi, ne quitte jamais ton
maître. Il est ton seul véritable ami. Vous devrez vous soutenir l'un l'autre."
Alors que le froid se fait
plus vif, l'Epouvanteur reçoit un message qui semble grandement le perturber.
Il décide aussitôt de quitter Chipenden pour se rendre dans sa maison d'hiver,
à Anglezarke. La vieille demeure est lugubre : dans les profondeurs obscures de
ses caves sont enfermées des sorcières et des gobelins. Quant au mystérieux
auteur de la lettre, qui rôde dans les parages, il se révèle être l'ennemi juré
de John Gregory. Au cours de longs mois d'hiver, Tom découvre peu à peu le
passé caché de son maître. L'Epouvanteur doit-il payer le prix de ses erreurs
de jeunesse ? Lorsque certains secrets qu'il a toujours dissimulés, seront
finalement dévoilés, Tom va se trouver en grand danger...
Je suis sur ma lancée, alors autant en profiter pour rédiger
au moins une des 4 chroniques que j’ai sur les bras, non ? C’est
parti !
Le troisième tome de L’Épouvanteur
nous embarque à nouveau auprès de Tom, apprenti qui va encore vivre des
retournements incroyables. Cette fois-ci, il est temps pour les deux hommes de
partir dans la résidence d’hiver de l’Épouvanteur, et de faire face à une
menace qui couve depuis des années… des êtres qui pourraient se servir de Tom
pour parvenir à leurs fins… le jeune homme s’en sortira-t-il ?
Je suis toujours aussi épatée lorsque je finis un des romans
de cette saga, parce que je m’attends toujours à ne pas apprécier. Comme c’est
un genre que je ne lis habituellement pour cause de sensibilité trop prononcée
(l’horreur et moi, ça colle pas), je m’étonne d’avoir aimé.
Alors oui, c’est de l’horreur et Tom fait face à des trucs
qui transformeraient mes cheveux bruns en blancs en quelques secondes si je
devais réellement y faire face. Pour être honnête, je crois que je me retiens
de tout imaginer, et parfois, je sens le malaise poindre. Je trouve toutefois
que ce qui est abordé est un imaginaire très intéressant, et il n’est pas
absolument insupportable, gore ou horrible. C’est effrayant, mais ça consiste
véritablement en une découverte, un apprentissage. J’aime beaucoup ce que
Joseph Delaney fait de son univers. D’autant que les menaces que doivent
affronter les héros ne sont pas toujours des créatures surnaturelles !
Tom est de plus un personnage qui reste très agréable à
suivre : il est imparfait, se débat avec ses propres envies, ses principes
et ce que l’Épouvanteur peut lui demander. Son apprentissage n’est pas facile,
mais c’est un garçon de valeur, qui grandit, évolue dans sa façon de penser, et
qui reste plein d’humilité. L’Épouvanteur aussi est un personnage qui est très
agréable à suivre, à découvrir, parce que même s’il cache beaucoup de choses,
il a une force en lui qui est belle à découvrir. Il reste un homme, un homme
pas comme les autres, mais avec ses forces et ses faiblesses.
L’intrigue est prenante, dans ce troisième tome. Les éléments
se croisent, se font et se défont, laissant le lecteur suivre en se demandant
ce qui va bien pouvoir se produire, comment Tom va s’en sortir, parce que
franchement, il a aussi le don de se flanquer dans des situations
inextricables. On est vraiment pris dedans, il y a un bon rythme, avec des
moments plus calmes (loin d’être inintéressants), et d’autres tellement prenants
qu’on se cramponne au roman. En plus de ça, la mise en page est aérée, donc ça
se lit super rapidement !
Que dire de plus ? J’aime beaucoup la plume de Joseph
Delaney dans cette saga : il donne une réelle voix à Tom, qui raconte l’histoire.
On se retrouve à la fois dans ses souvenirs, dans l’instant qu’on a l’impression
de partager avec lui, et pourtant, on retrouve aussi ce recul que seul l’âge et
l’expérience savent conférer. On plonge dans l’histoire, mais avec un petit
quelque chose en plus. C’est assez subtil et je le salue !
Du point de vue des valeurs, j’aime beaucoup le tournant que
prend l’histoire avec ce troisième tome : on sent vraiment que l’Épouvanteur
et son apprenti sont des agents du Bien, de la Lumière, même s’ils côtoient l’obscurité
et le mauvais. Les choix qu’ils sont amenés à faire éprouvent leurs valeurs,
leur sens du devoir et les forgent vraiment. C’est pour ça que j’aime Tom,
parce qu’il a vraiment un caractère altruiste malgré son jeune âge. Il est
aussi très mature sur certains points, comme en témoigne sa relation peu
évidente avec sa famille, qui va vivre aussi certaines épreuves dans cet opus. De
quoi faire réfléchir sur notre humanité de bien des façons !
En fin de compte, ce troisième tome est encore et toujours
une chouette découverte. Si je crains toujours de ne pas apprécier avant d’ouvrir
le bouquin à cause du genre horrifique, j’aime retrouver Tom et son maître. Les
aventures qu’ils vivent ici sont très prenantes, les rapprochent de la lumière,
même s’ils sont réellement parfois dans l’obscurité. Tom est un personnage très
agréable à suivre, porteur de belles valeurs dans les choix qu’il fait, et l’imaginaire
développé par Joseph Delaney est vraiment intéressant ! Ce sera donc un 15/20 pour moi !
Tome 4 : Le Combat de l'Épouvanteur
Tome 4 : Le Combat de l'Épouvanteur
Les sorcières de
Pendle deviennent de plus en plus malfaisantes. Le plus inquiétant, c'est que
les trois clans - les Deane, les Malkin et les Mouldheel - préparent une
alliance. Ensemble, ils seraient capables d'invoquer le Diable en personne !
Tom et son maître vont se rendre là-bas pour éviter le pire. Mais avant, Tom
Ward doit passer chez lui pour récupérer les malles que sa mère lui a laissées
en héritage. Or, une fois sur place, il découvre que la ferme a été ravagée, la
grange brûlée.
Il est temps pour moi de vous rédiger mon avis sur ce tome
qui m’aura pas mal questionnée !
Dans Le Combat de l’Épouvanteur,
Tom suit la décision de son maître de régler leur compte aux sorcières de
Pendle, qui gagnent toujours plus en influence, augmentant la présence de l’obscur
dans la région. Avant ceci, Tom doit faire un crochet dans sa famille pour
récupérer les malles de sa mère… mais il s’avère que la maison a été brûlée, la
pièce secrète ouverte et sa famille enlevée. Un coup des sorcières… de quoi
précipiter le départ à Pendle, mais aussi gravement compliquer les choses !
Vous le savez sûrement si vous avez lu les chroniques que j’ai
faites sur les précédents tomes, mais je crains toujours un peu ce que je vais
trouver dans les romans de cette saga. Après tout, c’est de l’horreur, et même
si c’est jeunesse, je reste sensible. Cette fois-ci, Joseph Delaney a
effectivement touché un point sensible chez moi, même s’il a contourné avec pas
mal d’habileté ce qui aurait pu devenir incroyablement effrayant.
En effet, sans vouloir spoiler, nous abordons ici le combat
avec les sorcières de Pendle, mais aussi avec un ennemi qui là, me gêne. Par rapport
à mes convictions, cela me gêne, parce que c’est un ennemi qui va me mettre mal
à l’aise dans les tomes suivants. À l’heure qu’il est, j’ignore si je lirai la
suite. Si Joseph Delaney a très bien contourné la chose dans ce tome, vu ce qui
est annoncé, je me demande bien ce qui va nous tomber sur le coin de la truffe
dans la suite.
Au-delà de ça, ce tome 4 a été une lecture plutôt agréable,
malgré mes craintes. Ce n’était pas forcément ce que j’avais envie de lire,
mais je me suis laissée embarquer dans les aventures de Tom, même si j’ai
regretté de ne pas plus voir son maître, que j’aime beaucoup malgré ses abords
un peu frustres. Tom est un personnage toujours aussi agréable à suivre, dont
on apprécie la maturité et les choix, parce que même s’il fait des erreurs, il
sait le reconnaître et revient bien souvent à une humilité qu’on pourrait
oublier. Il se fourre dans des situations périlleuses (et c’est un euphémisme),
mais on s’attache à lui et on aime le suivre.
L’histoire de ce quatrième tome ne connaît pas de temps mort :
il y a toujours une tension qui maintient le lecteur, en plus de péripéties
assez surprenantes. Joseph Delaney a vraiment un monde très fouillé, très
riche, et ses intrigues en profitent largement. Même si c’est du jeunesse, on
est pris dans un récit avec plusieurs strates, des problèmes qui sont tous liés
et dont la résolution n’est pas évidente. C’est pour ça aussi que c’est super
intéressant de suivre Tom ! Cela reste très abordable pour la
compréhension des plus jeunes, mais c’est prenant, franchement. L’imaginaire
est bien développé.
Cette fois-ci, Joseph Delaney a vraiment cherché, je crois,
à mettre en valeur l’humain et non pas les créatures qui peuplent ses récits. Bien
sûr, nous faisons face à des êtres étranges, à des sorcières, mais aussi à des
villageois, des prêtres et à ce qui fait la part sombre ou lumineuse de chacun.
Cela engage de belles discussions dans le roman et provoque de belles réflexions
chez le lecteur, à mon sens, quel que soit son âge !
Cela m’amène à parler plus tôt que prévu des valeurs :
bien sûr, Tom et son maître représentent toujours des soldats du bien, de la
lumière. Pour autant, Tom n’est pas immaculé, et il se rend de plus en plus
compte qu’il est difficile de tenir ses promesses, de se tenir à ses
engagements, ses principes, et que c’est pourtant ainsi qu’on garde son cœur pur,
qu’on parvient à ne pas sombrer non plus. Sa naïveté lui coûte, mais sa
droiture le sauve. Il en va de même pour Alice, qui est un personnage que j’ai
du mal à apprécier, mais qui permet de mettre en avant le fait que chacun peut
suivre la voie de la lumière ou de l’obscur. Enfin, Tom est un bon modèle de
courage, aussi. Enfin (pour ne pas écrire encore une trop grosse tartine), la présence
du prêtre dans le récit offre une porte sur la religion qui ne me déplaît pas,
je dois l’admettre !
D’un point de vue plus terre à terre, je ne comprends pas
pourquoi on appelle ce tome le « Combat de l’Épouvanteur ». Il y a
certes lutte, mais ce n’est pas au centre de l’histoire, pas comme cela avait
été le cas pour les tomes précédents. Il n’en reste pas moins que cela reste
prenant et intriguant, mais voilà, je n’ai pas trouvé dans ce roman ce que son
titre annonçait. Et d’un certain côté, même si je suis soulagée de n’avoir pas
réellement rencontré l’ennemi dont je vous parlais, j’ai un peu le ressenti que
tout a fini comme un soufflé qui retombe. Une manière de prolonger l’histoire,
qui j’espère, ne s’essoufflera pas ensuite !
En conclusion, le quatrième tome de cette saga a été
agréable à lire pour moi, même s’il signe peut-être la fin de sa lecture à mes
yeux. L’entrée d’un nouvel ennemi qui me perturbe pour la suite m’empêchera
peut-être de me plonger dans les tomes suivants. Cela étant, ici, nous
retrouvons un Tom qui ne cesse d’évoluer, de grandir et de gagner en maturité. L’imaginaire
qui l’entoure est juste incroyable, et l’intrigue dont il fait partie est
prenante, bien ficelée. Joseph Delaney va au bout des choses, côtoyant lumière
et obscurité dans son récit de bien des façons, et offre beaucoup de facettes à
ses personnages, ce qui est une richesse pour les lecteurs.
Ce sera donc un 15/20
pour moi ! Et à voir si je continue, à voir…
Je partage entièrement ton avis sur ce tome.
RépondreSupprimerIl m'a aussi fait frémir alors que je ne suis plus une adolescente non plus.
Il annonce une saga très prometteuse.
J'adoooore cette saga, je vais bientôt lire le 3ème tome :)
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