vendredi 3 février 2017

La Fille de Brooklyn (Guillaume Musso)

Je me souviens très bien de cet instant. Nous étions face à la mer.
L’horizon scintillait. C’est là qu’Anna m’a demandé : « Si j’avais commis le pire, m’aimerais-tu malgré tout ? »
Vous auriez répondu quoi, vous ?
Anna était la femme de ma vie. Nous devions nous marier dans trois semaines. Bien sûr que je l’aimerais quoi qu’elle ait pu faire.
Du moins, c’est ce que je croyais, mais elle a fouillé dans son sac d’une main fébrile, et m’a tendu une photo.
– C’est moi qui ai fait ça.
Abasourdi, j’ai contemplé son secret et j’ai su que nos vies venaient de basculer pour toujours.
Sous le choc, je me suis levé et je suis parti sans un mot.
Lorsque je suis revenu, il était trop tard : Anna avait disparu.
Et depuis, je la cherche.

Parlons un peu de ce roman qui m’avait été conseillé avec une verve assez peu commune, et que j’ai reçu presque par hasard en cadeau à Noël ! D’ailleurs, merci à ma petite Mère Noël des JMJ pour ce bouquin !

La Fille de Brooklyn nous parle d’Anna, qui décide enfin de livrer son secret à l’homme qu’elle aime, Raphaël. Ce dernier, inconscient de la tornade qu’il va enclencher, trop choqué par ce qu’il découvre, se lève et part. Lorsqu’il revient, prêt à demander des explications, Anna n’est plus là. Partant sur ses traces, allant de découvertes en découvertes, il fera tout pour la retrouver. Mais quels démons va-t-il exhumer de son passé ?

Franchement, j’ai lu peu de Musso, jusqu’à maintenant. L’appel de l’ange, Parce que je t’aime, c’est à peu près tout. J’étais un peu sceptique, au début. Malgré les conseils, je n’avais pas très envie de me le procurer, et il est apparu mine de rien dans ma PAL. J’avoue que l’expérience a été très prenante !

Dès le début du bouquin, qui s’avère un soupçon brusque pour moi malgré l’impression d’arrêt sur image des premières lignes, nous savons que nous allons être entraînés dans une histoire qui nous tiendra jusqu’à la fin. Nous savons que le mystère va être planté et que nous n’aurons les véritables réponses que dans les dernières pages… et que tout ce qui se trouve au milieu ne va pas nous épargner. Oh, non !

Effectivement, Guillaume Musso a créé là un roman qui fonctionne comme les poupées russes : vous en ouvrez une pour en trouver une autre. Sauf que ce qu’il fait sortir n’est pas forcément plus petit ou moins important que l’étape précédente, au contraire. Le lecteur est emporté avec lui dans une course contre la montre où les découvertes nous coupent le souffle et nous laissent sur les fesses. Ah, pour ça, on peut dire que l’auteur s’est transformé en maître du suspense ! C’était incroyable !

En plus de ça, le roman est très bien renseigné et ancré culturellement. Qu’il s’agisse de petites anecdotes politiques ou d’éléments descriptifs sur plein de choses, on sent que Guillaume Musso est soit allé dans les lieux dont il parle, soit il a fait des recherches afin que le tout soit le plus réaliste possible. Et clairement, c’est bingo, pour moi, je suis soufflée et je dis oui ! Le récit nous paraît tellement ancré dans le réel, avec les différentes sources incluses et exploitées, créées par l’auteur.

En dehors de ça, j’avoue que j’ai apprécié les personnages. Raphaël, d’abord, que nous suivons dans sa quête pour retrouver Anna. Lui, cet homme dévoué à son enfant, qui agit en écrivain, qui sait se remettre en question et possède une véritable détermination… vraiment, autant ses failles que ses forces ont fait de lui un personnage que j’ai aimé suivre du début à la fin. Anna aussi, au travers de son passé, de ses épreuves et de tout ce que nous apprenons sur elle au fur et à mesure, ça a été un plaisir de la suivre.
Bien sûr, il a le fils de Raphaël qu’on aime voir, Caradec qu’on découvre et qui fait flic bourru, un peu inquiétant parfois… ceux qui forment le tableau principal ont tous quelque chose pour retenir notre attention.

En parlant du fils de Raphaël, j’ai vraiment fondu pour ce côté paternité qui est présenté dans le bouquin. En soi, ça n’apporte pas d’avancée au roman, mais ça apporte une touche que j’ai vraiment appréciée. L’écrivain/enquêteur est présenté sous un autre jour qui nous accroche vraiment !

De même, les changements de perspectives qui nous sont offerts (les voix données aux défunts, notamment) sont juste incroyables et offrent une profondeur à l’intrigue qui ne peut pas laisser le lecteur indifférent : c’est impossible ! (enfin, sûrement que c’est possible, mais vous m’avez comprise)

Au niveau de la plume, elle peut être tout ce qu’elle veut : Musso semble avoir ciselé son style. Il peut à la fois être tranchant dans les situations de crise, doux lors des moments nostalgiques, voire lyrique, presque, et en même temps, chaque personnage a sa voix dans les dialogues, son style d’expression qui nous en brosse le portrait directement. C’est classe ! Et les descriptions passent ici crème, on s’y croit et on oublie qu’on lit, sincèrement. Le tout est fluide, prenant, pas un poil ennuyant, donc c’est que du bon !

Concernant les valeurs, je dirais que l’amour et la quête de vérité sont au centre. Tous sont orientés sur eux, en premier lieu Raphaël qui veut retrouver son aimée et découvrir qui elle est réellement, quelles sont les fantômes de son passé. Il y a une belle critique de la politique et de ses magouilles qui est présentée, de notre impuissance face à certains évènements, certaines horreurs, et cela nous invite aussi à nous questionner sur ce que nous aurions fait dans des situations dramatiques. En plus de ça, Musso nous brosse des personnages blessés, meurtris, qu’on ne peut pas juger, ou si on le fait, on mesure beaucoup plus leur humanité, de fait.

En conclusion, La Fille de Brooklyn a été un vrai plaisir à lire : le suspense, les personnages, la plume… tout a concouru pour me faire passer un excellent moment de lecture où je n’ai pas vu les pages défiler ! L’intrigue ressemble à une boite que l’on ouvre pour en trouver d’autres, nous entraînant dans une course contre la montre assez folle mais riche et très bien pensée. Belle surprise pour moi, en tout cas !
Ce sera donc un 18/20 et je vous le conseille !

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