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mardi 7 novembre 2017

Je n'aimerai plus (Stéphane Soutoul)

Inconsolable, Solange trouve refuge dans la solitude depuis le décès de son premier amour. Le marquis de Rousserolle souhaite malgré tout que sa fille épouse un aristocrate digne de son rang. Dans l’attente de fiançailles auxquelles elle refuse de se soumettre, Solange est placée sous la protection de Childéric de Frazignac. Dès le premier regard, la jeune femme perçoit le bretteur taciturne comme une atteinte à sa liberté. La guerre ne tarde pourtant pas à s’embraser aux frontières du royaume. Pris dans la tourmente des événements, Solange et Childéric apprennent à cohabiter, à découvrir leurs blessures mutuelles, leurs espoirs... Se pourrait-il qu’un cœur en deuil finisse par s’éprendre d’une âme torturée, envers et contre tout ?

Et si je rattrapais mon retard de chroniques en vous parlant d’un livre que j’ai véritablement apprécié ?

Je n’aimerai plus est un roman de type historique/fantasy/surnaturel. Il nous embarque dans un monde qui pourrait être le nôtre, ou presque, et où Solange, jeune noble de 19 ans, se morfond encore de la mort de son protecteur et premier amour, deux ans plus tôt. Bien décidée à ne pas se marier, elle va pourtant devoir obéir à son père, lorsque celui-ci lui impose un nouveau gardien, en attendant qu’elle trouve un bon parti. Et même si Solange est bien décidée à mener la vie dure à Childéric, il se pourrait que derrière le masque impassible et froid de cet homme se cache un cœur blessé, un cœur qui changerait tout pour elle…

Alors déjà, je dois dire que je suis de plus en plus admirative du travail de Stéphane Soutoul. Je l’avais découvert avec Si proche de lui, puis Anges d’Apocalypse, et ensuite dans ses thrillers sentimentaux chez Pygmalion (La Proie du Papillon, et Séduction Maudite). Plus ça va, plus je me laisse embarquer et surprendre par son talent, sa plume qui évolue et qui gagne en poésie, en style…
(Oui, attendez-vous à ce que je sois dithyrambique, hein. J’ai tellement apprécié ce livre qu’il faut que j’en parle, même si j’ai mis des jours et des jours à me lancer dans cette chronique !)

Dès le début du roman, nous plongeons dans cet univers qui ressemble au nôtre, sans l’être tout à fait. Royaume imaginaire, capacités surnaturelles… pourtant, on se croirait encore au temps des chevaliers et des princesses à protéger, avec un air de Renaissance. Et nous faisons la rencontre de Solange, qui se lamente et ne parvient pas à sortir de son cocon de tristesse. Elle ne le souhaite pas, d’ailleurs, au grand dam de son père et de sa sœur. Jusqu’au jour où Childéric va entrer dans sa vie comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Les caractères de chacun des personnages sont très intéressants et bien travaillés. C’est toujours un point super important à mes yeux dans un roman, et plus encore dans une romance : il faut que ça soit plausible. Et là, clairement, j’ai été servie ! Chacun possède sa personnalité, et va évoluer tout au long du récit. 400 pages pour voir nos héros vaciller dans leurs convictions, se rapprocher tout doucement et… et… ehe, non, je ne dirai pas ce qui se produit. Mais Solange est un personnage très déterminé, un peu effacé au tout début, qui va vite étonner le lecteur par la vivacité dont elle va faire montre lors de l’arrivée de Childéric. Elle pourrait devenir irritante avec son obstination, mais Stéphane Soutoul a su la rendre sympathique, et ses tentatives nous laissent curieux pour la suite des évènements, et curieux à propos de Childéric. Ce chevalier reste au départ très mystérieux, et ce que l’on apprend de lui au fil des pages nous le rend plus proche, humain et très touchant. Il en fera rêver plus d’une !

Le rythme de cet histoire n’a rien de précipité. C’est une romance qui prend son temps, et ça fait tellement du bien ! Les choses vont crescendo, et c’est ce qui permet de vivre chaque variation dans toute son intensité, et c’est ce qui rend le tout si réaliste, de fait. En plus de cela, nous voyageons réellement dans le contexte offert par l’auteur, et on s’y croit. Ce n’est pas seulement une histoire d’amour, c’est beaucoup plus.

Je vous ai déjà un petit peu mentionné la plume, plus haut. Stéphane Soutoul réussit à créer un style qui colle à l’époque et au contexte auquel il se rattache : son écriture en devient presque précieuse, ancienne et recherchée. Sans devenir du classique qui peut devenir lourd, on revient à une narration plus riche que ce qu’on trouve parfois actuellement. Et c’est top !

Que dire de plus ? En dehors de Childéric et Solange, les personnages sont travaillés et intéressants. Les gentils comme les moins gentils, d’ailleurs. Réactions épidermiques et attachements à prévoir, si je puis me permettre !
Quant à l’univers, ça reste un univers imaginaire classique, mais réaliste. L’aspect surnaturel est présent, mais juste en touches, pour augmenter le récit et lui offrir une nouvelle dimension, une richesse appréciable.

À propos des valeurs, on peut en tirer beaucoup, et c’est aussi une des raisons pour lesquelles j’apprécie autant ce bouquin. Déjà, la romance invite à songer aux secondes chances, au bonheur retrouvé et à l’acceptation de l’autre dans sa totalité : avec ses failles et ses forces, ses douleurs et ses joies. Ensuite, le lien familial est très puissant, dans Je n’aimerai plus. Solange et Childéric protègent énormément leurs proches, et c’est beau. On peut aussi mentionner la détermination de Solange à suivre son cœur, et à ne pas obéir à la société comme un mouton. C’est loin d’être évident, mais elle est un bon modèle à suivre, tout comme Childéric, qui fait montre aussi d’une belle moralité et qui s’accroche à ses principes. Et on pourrait encore parler de remise en question, du danger des certitudes… mais ce serait long.

En conclusion de cette chronique peut-être un peu fouillis, je dirai simplement que si Je n’aimerai plus n’est pas un coup de cœur, nous ne sommes pas passés loin ! J’ai vraiment apprécié Solange et Childéric, l’univers dans lequel ils vivaient et leur évolution propre. La narration est belle, presque classique sans être lourde, et l’histoire prend son temps, ce qui offre une intensité géniale à chaque nouveau rapprochement entre les deux héros. Si le bouquin n’est pas tout de suite addictif, il le devient très rapidement ! On retrouve aussi de beaux messages que je vous ai présentés plus haut. En bref : un vrai succès que je recommande chaudement ! Ce sera un 19/20 pour moi !

mardi 16 mai 2017

Séduction maudite (Stéphane Soutoul)

Journaliste audacieuse, Gabrielle Colleni ne vit que pour son métier. Jusqu’au jour où sa sœur trouve la mort dans d’étranges circonstances. Qui peut croire qu’il s’agit d’un accident ? Certainement pas celle que tous surnomment « la Fouineuse ».
Et son premier suspect n’est autre que le fiancé de sa cadette : Stanislas de Beaumiracle, riche, beau, célèbre… et malheureux en amour. Bel euphémisme puisque toutes les femmes de sa vie ont été victimes d’un sort funeste.
Si la police n’a jamais rien pu expliquer, la presse à scandales ne se lasse pas du « Séducteur maudit ».
Prête à tout pour découvrir la vérité, Gabrielle va devoir approcher Stanislas, mais aussi Mathis, l’énigmatique frère, tout en évitant les cadavres qui ont la fâcheuse manie de s’accumuler dans l’entourage des Beaumiracle…

Ayant lu quelques-uns des romans de Stéphane Soutoul, y compris son thriller sentimental : La Proie du Papillon, j’étais vraiment curieuse de voir ce qu’allait donner sa nouvelle intrigue, et je dois clairement avouer que ça a été une excellente lecture pour moi !

Gabrielle est une journaliste free-lance qui ne vit que pour son métier, bravant les risques pour récolter les informations nécessaires. Jusqu’au jour où sa sœur Laura décède mystérieusement dans la famille des Beaumiracle. Tous s’accordent à dire qu’il s’agit d’un suicide, mais Gabrielle ne peut y croire. Et en grattant un peu le vernis de cette histoire, la journaliste s’aperçoit que ce n’est pas la première fois qu’un incident pareil se produit autour de Stanislas. Décidée à faire briller la vérité, Gabrielle va mener son enquête…

Je sais, je sais, mon résumé est super nul, mais la quatrième de couverture semble dire exactement ce qu’il faut, donc difficile de concurrencer, que voulez-vous !
En ouvrant le roman, je ne savais pas trop à quoi m’attendre : La Proie du Papillon m’avait laissé une forte impression, parce qu’il avait été assez spécial, inattendu. Je dois dire qu’ici, on rentre dans un style plus classique, si on veut, même si le tout reste sérieusement addictif et haletant !

Gabrielle est une jeune femme intrépide et un peu bourrique, qui a un grand cœur bien qu’elle le ferme à beaucoup de monde pour ne pas souffrir. Son entêtement et son flair de reporter vont lui être ses plus grands atouts dans cette affaire qu’elle est bien décidée à éclaircir.
Je pourrais vous décrire bon nombre de personnages secondaires très intéressants pour ce roman, mais comme j’aime préserver la surprise et la saveur des romans, je ne le ferai pas, mais chacun a une personnalité bien à lui aussi fascinante qu’attachante pour certains !

Très vite, on est pris dans l’intrigue du roman : on se demande qui peut être le meurtrier, et j’avoue que je me suis largement éclatée à poser mille et une hypothèses au fur et à mesure des pages. « Et si c’était lui… ou elle ? Ou encore lui ? » Stéphane Soutoul a le don de semer le doute, de donner des indices qu’il n’est pas évident de grapiller, tout en offrant des comportements étranges (mais logiques et réalistes) à ses autres personnages. Avant de savoir la résolution, je suspectais tout le monde, sauf une personne en dehors de Gabrielle, mais là, mon jugement était légèrement altéré par mon côté fleur bleue.

Parce que oui ! Oui et triple oui ! Il y a une romance dans le bouquin ! J’ai failli sautiller de joie quand je m’en suis aperçue, même si j’étais un peu (voire carrément) anxieuse que cela tombe à l’eau à cause de cette histoire sordide. Vraiment, là, pour le coup, entre la résolution de l’affaire et la romance, j’étais à fond dans l’histoire ! La preuve, j’ai pris mon temps pour la première moitié du bouquin, puis j’ai lu les 200 autres pages d’une traite.

En plus de cela, on est vraiment dans le thriller : l’ambiance, les meurtres successifs (ça, Stéphane Soutoul n’y va pas avec le dos de la cuillère, moi qui vis toujours dans mon monde de Bisounours, je suis toujours un peu surprise, mais c’est en bien !), tout y est ! L’auteur y va à fond, et la résolution apporte beaucoup de réponses, qui font froid dans le dos, quand on y repense.

Au niveau de la plume, j’aurais presque dû commencer par ça, parce que c’est le premier élément qui m’a marquée quand j’ai commencé le roman : elle est très élaborée, bien que très accessible. Je ne dirais pas lyrique, mais il y a quelque chose de poétique, ou même, de très classique qui donne une autre ambiance au bouquin. Un peu de précieux, d’intemporel, avec une précision dans la description qui a tout de superbe. Même si parfois, j’en ai presque levé les yeux au ciel avec la description des hommes, je l’avoue !

Au niveau des valeurs, les différents personnages que nous rencontrons en véhiculent beaucoup. Les Beaumiracle, mais aussi Gabrielle, offrent une place de choix à la famille, même s’ils ne le montrent pas. Les liens du sang sont toujours forts, malgré toutes les disputes du monde. Chacun offre aussi une belle palette de réactions face au deuil, et la pudeur que l’on peut observer parmi eux est touchante, sincèrement. Louisa, la grand-tante du domaine, est aussi celle qui prodigue le plus de conseils, et qui représente celle qui croque la vie à pleines dents : elle est juste super choue et nous invite à voir la vie du bon côté aussi, quelles que soit nos difficultés ! Et enfin, il y a l’amour, aussi, l’amour qui va au-delà de toute peur, celui qui nous pousse à chercher la vérité, ou à dépasser les apparences pour laisser parler son cœur. C’est beau, hein ?

En conclusion, Séduction maudite a été juste une excellente découverte pour moi. Après m’être étonnée en grand bien de la plume très maîtrisée de Stéphane Soutoul, j’ai plongé dans l’ambiance particulière de ce thriller qui m’aura maintenue en haleine jusqu’à la fin. Si j’avais deviné, parmi mes nombreuses spéculations, qui était le meurtrier, mes doutes ont persisté jusqu’à la fin, alors que je m’angoissais aussi pour la romance qui m’a transportée. L’intrigue nous embarque, l’auteur n’y va pas de main morte, et les héros sont fascinants, touchants. Bref, un gros succès que je recommande chaudement, et même plus que cela ! Ce sera un 19/20 pour moi ! 

vendredi 4 mars 2016

La Proie du Papillon (Stéphane Soutoul)

Sulfureux. Indécents. Mortels…
Avez-vous déjà entendu des rumeurs évoquant les Fils d’Éros ? On prétend à mi-voix que ces professionnels de la séduction joueraient avec les sentiments et bouleverseraient la vie de leurs victimes. Ils éveilleraient la volupté des sens, tisseraient des liens de complicité pour mieux refermer le piège de leurs charmes le moment venu. Judith de Ringis est une femme d’affaires aussi douée qu’impitoyable. Pour se débarrasser d’une concurrente gênante, elle requiert les services de l’un de ces mercenaires.
Un maître qui excelle dans l’art de mettre à nu les secrets les plus intimes et d’enjôler les âmes. Marco, dit le Papillon, s’engage à briser la proie que lui désigne Judith. Cependant, manipuler les choses de l’amour n’est jamais simple, surtout quand les plus redoutables prédateurs se révèlent, eux aussi, capables d’émotions…

Bouaaaaah ! Une chronique ! Cha’ est vivaaaaante !
Oui, bon, je sais. Le blog tourne vraiment au ralenti, ces temps-ci, mais les études passent avant tout !

La Proie du Papillon est un thriller sentimental qui nous plonge aux côtés de Judith de Ringis, une femme impitoyable qui a décidé de se débarrasser d’Annie, une rivale qui la gêne depuis bien trop longtemps. Pour Judith, c’est clair : elle ne pourra vivre tranquillement sa vie que lorsqu’Annie sera six pieds sous terre. Alors, elle va se tourner vers les Fils d’Eros, une organisation particulière et secrète qui jouent sur la séduction et les sentiments de leurs proies pour les retourner contre elles-mêmes et les broyer. Et c’est Marco, surnommé le Papillon, qui va se voir chargé de la mission… mais attention, les pièges sont toujours à double tranchants.

Je sais parfaitement que j’ai mis du temps à me plonger dans la rédaction de cette chronique. Non seulement je n’ai que peu de temps en semaine, ce qui ne me facilite pas les choses, mais en plus, ce livre a été un formidable coup de massue sur ma nuque ! Franchement !

C’est une des rares fois où ça m’arrive. J’ai été prise dès le départ, ainsi que je m’y attendais, puisque je commence un tout petit peu à connaître le fonctionnement des romans de Stéphane Soutoul. Pas un moment je n’ai douté du fait qu’il réussirait à me transporter loin dans son histoire. Et je n’ai pas été détrompée !

Dans les premières pages, nous découvrons Judith, l’héroïne du thriller. Autant vous dire que c’est plutôt une protagoniste, parce que Madame n’a pas forcément les qualités pensées pour un héros. La cruauté, l’absence de pitié et de douceur ainsi qu’un bon paquet de vices forment sa personnalité. Et pourtant, elle est présentée sous un jour qui ne nous donne pas envie de la baffer ou de reposer tout de suite le livre. Elle reste fascinante, en fait ! Bon, j’admets aussi que parfois, j’ai dû arrêter quelques minutes ma lecture parce que c’était trop dur, je ne la supportais pas moralement.

Et pourtant, j’étais prise dans les rouages et je ne possédais aucune envie de m’arrêter ! La seule chose qui déclenchait mon appréhension, c’était la fin : quel allait être le dénouement ? Je ne voulais pas qu’Annie meure : elle est tout l’opposé de Judith ! En même temps, je m’étais prise d’affection pour Judith, quelque part : je voulais qu’elle change, qu’elle devienne meilleure et…
Vous êtes en train de vous dire que je suis une pauvre fille qui croit encore aux Bisounours et que je ne devrais pas lire de thrillers, je sais.

C’est sûrement une des raisons pour lesquelles j’ai été si estourbie par la fin. Je ne dirai pas que je ne l’avais pas vu venir : c’était une possibilité à laquelle j’avais songée, mais je me suis laissé porter jusqu’à la fin par l’auteur, qui m’avait attachée à son histoire si sensuelle et prenante. Et là, quand les choses se sont mises en marche…
Vous avez déjà vu du verre se briser ? Ben ça a commencé à craquer comme ça, chez moi. J’avais l’impression de voir ce qui allait se passer, de le deviner, sans y croire, et de me faire broyer en même temps. Ah, c’était dur. Et quand j’ai eu fini le roman ? J’étais désemparée. À la fois satisfaite et prodigieusement tourmentée.

Un. Truc. De. Dingue. Il m’a fallu 45 minutes de discussion sur mon mémoire (donc un truc bien théorique, universitaire et ennuyant) pour me remettre. Et même encore maintenant, je pense que vous sentez tout l’impact que ce roman a eu sur moi.

Les personnages sont tous très bien étoffés : qu’il s’agisse de Judith, qu’il serait difficile de prendre au sérieux autrement, d’Annie, la potentielle ennemie jurée, ou de Marco, le Fils d’Eros qui nous attire quand même pas mal, lui aussi. Tous ont une psychologie fine, qui se dévoile peu à peu, et j’en reste admirative. Je dirais presque que j’en veux encore, puisque cette sensation d’addiction éprouvée dans ma lecture était très agréable, même si on flirtait avec du malsain, parfois. Je ne crois pas avoir vu une seule fois Stéphane Soutoul dépasser la limite dans La Proie du Papillon. Bien sûr, il y a des scènes érotiques et je ne me suis pas attardée non plus dessus, hein…

Je crois que je pourrais parler pendant des heures : la chronique est déjà suffisamment longue pour en témoigner. Je ne lis pas de thrillers, mais bon sang, que je suis contente d’avoir pu essayer celui-ci et me laisser à ce point toucher ! Le tout est fascinant : les personnages et leur psychologie poussée, l’intrigue qui finit par vous assommer à la fin, l’univers et la plume… bref, il y a trop de bons éléments pour que je puisse les énumérer. Une chose est sûre : ce roman est fascinant, surprenant et très original !
Vous voulez une lecture qui vous emportera et vous changera ? Ouvrez donc La Proie du Papillon… vous pourriez avoir des surprises !
Ce sera un 19/20 pour moi et un immense merci à l’auteur, ainsi qu’aux Editions Pygmalion !

mardi 11 août 2015

Anges d'Apocalypse (Stéphane Soutoul)

Tome 1 : Le Tourment des Aurores

Deux corps pour une seule âme. Impossible selon vous ?
C’est pourtant le fardeau que j’endure suite à la malédiction lancée par un sorcier. Tout ça parce que j’ai eu le cran de refuser ses avances. Pour la peine, je l’ai tué, mais en attendant quelle plaie ! La nuit, je suis Famine, l’un des quatre cavaliers de l’apocalypse, et ex-meurtrière qui s’est reconvertie dans la profession de garde du corps. Et lorsque vient le jour, je me trouve coincée avec l’identité de Samantha, une lycéenne des plus ordinaires.
Comme si je n’avais pas déjà suffisamment d’ennuis avec deux vies à mener de front, la Cour des sorciers de Toronto vient de me confier la protection de son lord. Il faut dire que certains de ses dissidents se sont mis en tête de le supprimer. Cette fois-ci, je n’ai pas le droit à l’erreur, même si mon côté humain a choisi le mauvais moment pour s’enticher d’un étrange garçon, le genre craquant, mais véritable nid à problèmes…
Je vous le dis : pas facile de gérer deux existences à la fois !

Allez, c’est parti ! Voici une lecture pour laquelle j’étais partie sceptique, puis qui m’a totalement convaincue !

Le tome 1 d’Anges d’Apocalypse nous permet de plonger auprès de l’héroïne de la saga : Syldia, qui est aussi l’un des quatre cavaliers de l’Apocalypse : Famine. Elle vit la nuit comme garde du corps, réintégrant ensuite ses pénates où elle vit avec ses trois sœurs. Le jour ? Elle se retrouve coincée dans le corps d’une ado de 16 ans : Samantha. Ce petit manège n’a déjà rien de simple, mais Syldia a réussi à trouver un équilibre qui va être largement mis à mal. En effet, la voilà chargée de la protection du lord de la cour des sorciers de Toronto, les pieds dans ce qui ressemble fortement à un guêpier sans non, et en tant d’humaine, elle se met à fréquenter Nathan : un ado qui cache énormément de problèmes.
Et si le temps de l’équilibre était révolu ?

Ce résumé est un peu pourri, je sais. Seulement, il faut dire que la quatrième de couverture est très bien, il m’est donc difficile de faire mieux ! (cherche-toi des excuses, Cha’…)

Bref. Je vous l’ai dit, j’étais un peu sceptique quant à cette histoire. Mais pourquoi mettre le nez dedans, alors ? Parce que j’avais déjà lu Si proche de lui et que j’avais clairement aimé ! Du coup, je restais curieuse… et comme Justine de Lire-une-passion m’a dit que je pouvais me lancer dans la saga sans problème (merci les coupines de lecture), j’ai foncé !

Bah, elle avait raison. J’ai trouvé une héroïne complètement imparfaite, au caractère de chien (et encore, je suis gentille) qui change radicalement de ce que j’avais pu croiser jusqu’ici. Elle a un passé sombre, ne parlons pas de ses instincts de Famine, et pourtant, elle est loin d’être dénuée de sens moral et de principes. J’ai vachement adhéré ! Il s’agit d’un personnage très complexe et pourtant qu’on arrive très bien à comprendre, à saisir, qui fait des erreurs (et parfois pas des moindres) et qui connaît aussi le remords, la culpabilité…

Elle est unique ! Un peu comme ses trois sœurs, en fait ! J’avoue avoir moins adhéré à leurs caractères différents, même si ça reste intriguant et assez fascinant pour chacune. Ève est sûrement celle qui attise le plus ma curiosité, puisqu’elle incarne la Mort et que de fait, son quotidien est… limité. La manière qu’a eue Stéphane Soutoul de développer cette version des Cavaliers de l’Apocalypse m’a réellement plu ! Et ce n’était pas gagné, parce que pour des personnages d’inspiration biblique, je suis assez difficile (sans blague).

Hormis les personnages (et encore, je ne vous ai pas parlé de Desmond, d’Alistard, de Darion, Dominika et tant d’autres, sinon ma chronique serait un roman sur le roman), l’intrigue en elle-même a tout d’époustouflant. Plus ça va, plus ça devient compliqué. Ça n’est déjà pas simple à la base quand on commence, mais alors plus les pages défilent, moins ça s’arrange et plus on aime ça ! (moi, sadique ? Allons.) Un peu comme dans un policier, on s’aperçoit que certains éléments avaient d’autres significations, il y a certaines révélations qui vous flanquent sur les fesses ou pas loin… donc ce premier tome est un concentré de surprise, d’action et de trucs trop bien.

Avec ceci, vous aurez droit à des scènes… cocasses. Un peu osées, parfois (pas dans le genre où vous l’attendez, et avec le recul, il est presque surprenant que cela ne m’ait pas déplu ou surtout refroidie un max !), ou hilarantes, voire incongrues, entre les scènes d’action et les dilemmes qui ont la peau dure, vous n’en avez pas fini. Un cocktail impressionnant auquel on a encore envie de goûter !

Vous imaginez bien qu’avec tout ceci, la plume de l’auteur est fluide, pleine d’humour et de sarcasmes qui sauront vous décocher des sourires plusieurs fois. Bingo ! J’ai même été surprise que Stéphane Soutoul sache si bien se mettre dans la tête d’une femme, qui plus est une femme qui ait à la fois une mentalité de 600 ans et de 30 ans, voire presque de 16 ans quand elle était Samantha. C’était… impressionnant !

Au niveau des valeurs ? Là aussi, c’est complexe. Plusieurs choses sont mises en avant comme le prix d’une vie, la valeur d’une âme ou la valeur que quelqu’un s’attribue. J’entends par là le choix que l’on peut faire d’agir en bien ou en mal. Il y a beaucoup de choses qu’on pourrait souligner à travers le caractère et l’histoire complexes de Syldia. Il y a des moments moins reluisants, de la violence aussi, mais c’est teinté de quelque chose qui atténue et qu’on a du mal à voir comme le noir total. C’est nuancé et ça nous fait justement penser à la balance d’un certain équilibre. Bref, vous n’avez pas fini de cogiter dessus si vous vous y attardez !

En conclusion, ça a été une très bonne lecture pour moi, je regrette sincèrement de ne pas avoir le tome 2 sous la main, mais comme mon porte-monnaie n’est pas décidé à m’accorder d’autres faveurs pour le moment, je vais m’armer de patience ! C’était un excellent premier voyage, une surprise puisque je ne m’attendais pas à autant apprécier. Vous découvrirez une héroïne complexe qu’on prend réellement plaisir à suivre, une intrigue pleine de rebondissements que vous n’attendrez parfois pas du tout, tout ceci avec de l’humour, et bien plus encore ! C’est un univers très riche et addictif que nous présente Stéphane Soutoul ici ! Foncez, vous allez aimer !
Ce sera un 17/20 pour moi !


Tome 2 : Le Frisson des Aurores



Lycéenne le jour, garde du corps la nuit : la combinaison explosive pour cumuler les problèmes.
Suite à l’assassinat d’Alistard Vorlock, les rues de Toronto sont plus dangereuses que jamais. Desmond, le sorcier qui cherche par tous les moyens à me mettre dans son lit, serait peut-être en mesure de désamorcer le conflit. Sauf que ce dernier préfère me poursuivre de ses avances pendant que la situation s’envenime. J’aurais presque envie de laisser la tueuse qui a débarqué en ville lui faire la peau, s’il ne m’avait pas engagée pour le protéger. Surtout que l’assassin en question se révèle être sa propre soeur…
Remarquez, la poisse n’est pas en reste lorsque je suis Samantha. Tandis que mon identité humaine essaie d’apprivoiser l’amitié de Nathan, des sorcières pas très recommandables s’intéressent au garçon d’un peu trop près à mon goût.
Avec deux vies pour une seule âme, être un cavalier de l’apocalypse n’a décidément rien d’une sinécure.

Vous vous souvenez sans doute que j’avais très envie de lire la suite des aventures de Syldia. Il m’aura quand même fallu plus d’un mois pour sortir ce roman de ma PAL numérique !

Ce deuxième tome, comme le premier, est marqué par le signe des complications. On dirait bien que Famine attire les soucis comme un véritable aimant. Elle qui ne cherche la nuit qu’à se venger de son ex-associé, Darion, va accepter un contrat visant à protéger Desmond, le dirigeant provisoire de la Cour de Toronto. Ce n’est peut-être pas la meilleure idée, sachant qu’entre eux, l’attirance est flagrante… et que l’ancien amant de Desmond est dans les parages. Ah, et dans la journée, Syldia étant Sam, elle va devoir affronter 3 sorcières qui ont décidé de se rapprocher un peu trop de Nathan et du démon enfermé dans son bras…
Mais ça, c’est seulement la partie immergée de l’iceberg !

Je ne sais pas si j’ai aimé ce tome 2 ou pas. Quelques ombres à mon tableau m’empêchent de dire que j’ai totalement aimé. Il y a d’abord Equinoxe, qui a juste été imbuvable, que j’aurais bien envoyé en Papouasie ou plutôt sur une île perdue sans qu’il ne puisse revenir. Puis, il y a un certain degré de violence qui ne m’est pas indifférent, bien qu’il soit abordé d’une façon particulière. Bref, je crois que cette chronique va être assez en friche !

Quand j’ai commencé ce tome 2, j’ai très vite retrouvé le caractère si doux (kofkofkof) et aimable (KOF) de Syldia/Sam. J’aime beaucoup ce personnage qui se bat pour son humanité et veut absolument essayer de se racheter. En même temps, elle est tellement plus compliquée et tellement comme nous que c’est difficile de ne pas l’apprécier. Elle a ses travers, mais on l’aime quand même.

Ceci dit, si j’ai remarqué assez vite que l’ambiance du livre était assez sombre voire parfois un peu… je ne dirais pas malsaine, mais presque. Il y avait quelque chose dans l’air qui me déplaisait. Difficile encore maintenant de mettre le doigt sur quoi. En dehors de ceci, je n’ai pas voulu m’arrêter malgré cette gêne, parce que j’ai apprécié le caractère de Syldia et la plume de Stéphane Soutoul.

L’intrigue, d’ailleurs, semble simple, elle ne fait pourtant que se complexifier. Ça c’est un très bon point, parce qu’on ne s’ennuie jamais, qu’on soit avec Sam ou avec Syldia ! Un autre point fort du roman, c’est l’histoire d’amour qu’on y trouve. Je parle évidemment de Desmond et Syldia, même si c’est encore trèèèèèèès loin d’être gagné. Cependant, on voit que notre Ange d’Apocalypse est aussi troublée par d’autres hommes et il est difficile de départager. Pour dire ce qu’il en est, moi j’aime bien Desmond, hein.

D’ailleurs, en parlant de personnages secondaires, il y en a que j’avais bien appréciés mais qui font moins mon unanimité cette fois (nous sommes 11, dans ma tête. Enfin… je crois.). Parmi les frangines, j’ai moins apprécié Jillian, alors que Raven et Ève m’ont plus emballée et intriguée, surtout. Avec Syldia, elles sont à elles trois de vraies Anges d’Apocalypse, alors que Jillian me semble être un peu… autre. Nathan m’a parue chou, aussi.

Enfin, vous vous rendez peut-être compte que là, je suis un peu perdue dans mes explications et que je ne sais pas quoi dire. Je dois quand même mettre en avant le fait que le roman est très addictif, que j’avais souvent envie de m’y replonger et c’était pile ce qu’il me fallait. En gros, hormis cette ambiance un peu étrange, et parfois des moments très sombres, ça m’a plu.

En conclusion, je vous dirai que j’ai aimé ce deuxième tome, bien qu’avec un peu de recul, j’aie un goût un peu étrange en fond. Syldia/Sam est toujours elle-même et on l’apprécie aussi pour ça, malgré ses nombreux défauts, et avec une intrigue qui ne cesse de nous surprendre et de se complexifier, il y a de quoi être cramponné à son livre ou dans mon cas, à ma liseuse ! Stéphane Soutoul sait toujours nous présenter des personnages complexes et uniques, avec une plume moderne et pleine de sarcasme… j’aime !
Et même si, avec cette ambiance qui m’aura quand même dérangée sans que je ne sache la qualifier, je doute un peu de me plonger dans le tome 3 (il se peut que demain, je vous dise que non, non, je veux la suite) (d’ailleurs, au lendemain de l’écriture de ces mots, je pense lire le tome 3, ma curiosité me perdra), ce sera un 15/20 pour moi !



Tome 3 : La Discorde des Aurores


Lycéenne le jour, garde du corps la nuit : la combinaison explosive pour cumuler les problèmes.

Le temps des menaces assombrit le ciel de Toronto… Aidés par une horde de zombies, les vampires de la ville sont résolus à anéantir les sorciers en assiégeant leur palais réputé imprenable. Sauf qu’un traître s’est infiltré au cœur même de la Cour afin d’en neutraliser les défenses, piégeant ainsi une centaine d’occupants. Je vous le donne en mille : comme d’habitude, me voilà parachutée en première ligne de la bagarre.
Samantha, mon identité humaine, se trouve aussi dans le pétrin jusqu’au cou. Nathan est plus que jamais torturé par l’influence du démon qui le possède tandis qu’Ève m’en fait voir de toutes les couleurs. Sans parler des sentiments qui s’épanouissent en moi pour un homme que je devrais fuir comme la peste. Une attirance qui pourrait bien faire voler en éclats l’entente fragile qui me lie à mes sœurs…
À croire que les amours d’un cavalier de l’apocalypse sont tout sauf simples.

Dire que ça faisait un bail que je souhaitais continuer cette saga est un presque un euphémisme. Si le tome 2 m’avait laissé un goût étrange, il n’en est pas de même du tome 3 qui me donne juste terriblement envie de plonger sur le 4 et le 5 !

Dans ce troisième tome, Syldia se voit propulsée au rang de capitaine des Dark Breakers tout en poursuivant sa traque de Darion, son ancien coéquipier qui l’a trahie. Sauf que voilà, la Cour de Toronto n’est plus aussi sûre qu’avant et lors de la soirée donnée en l’honneur de sa nomination au poste de capitaine, voilà que la Tour est assiégée par des vampires et des zombies. Parfait cocktail pour faire enrager notre cavalier de l’Apocalypse qui doit résister au siège tout en faisant front la journée avec le transfert d’âme… parce que de son côté, Samantha, son identité humaine, se trouve aussi dans de beaux draps avec Nathan qui voit l’emprise du démon augmenter de jour en jour.
Vous aimez les situations compliquées ? Vous êtes décidément bien tombés !

Voilà. La dernière phrase de mon résumé colle parfaitement bien avec le ressenti que j’ai eu tout au long du roman, alors que Syldia plongeait toujours plus dans les embrouilles et bien malgré elle. Cette femme est une saleté de paratonnerre à embêtements et c’est un des éléments que je préfère le plus chez elle ! Ça et un caractère de M, une volonté farouche et une pelée d’émotions complexes.

Comme je vous l’ai dit, l’ambiance du tome 2 avait été singulière et avait eu du mal à coller avec moi. Ici, ça n’a pas du tout été le cas ! J’ai adhéré, j’ai été déçue, fracassée, étonnée, malmenée et transformée parfois malgré moi en midinette pour quelques secondes. En gros, Stéphane Soutoul a parfaitement bien réussi à me faire coller aux ressentis de Syldia et de Sam !

L’intrigue prend une place temporelle relativement courte, ici. Je crois qu’on doit se déployer sur dix jours maximum. Je tablerais même presque plus sur une semaine. C’est vous dire si c’est condensé ! Il se passe un maximum de trucs et parfois quasiment impensables… tellement qu’il nous semble impossible que notre héroïne s’en sorte sans briser quelques pots au passage. L’intrigue, donc, ne souffre aucun temps mort, et mobilise beaucoup de personnages. Ce n’est plus seulement l’affaire de Syldia, mais aussi d’autres, et c’est là que Stéphane Soutoul commence à révéler un profond sadisme que j’avais déjà constaté dans d’autres de ses œuvres.

Attention, préparez-vous à des incompréhensions et des envies de colère, meurtres et compagnie un peu brusques, en lisant le tome 3. Pourquoi ? Mais parce que certains (je ne citerai pas qui, mais ceux qui ont lu comprendront parfaitement) agissent comme… des égoïstes en puissance ! J’ai été sciée du choix que certains personnages ont fait. Après, je me dis que je n’ai pas toutes les clefs de compréhension en mains, mais… le roman est devenu tellement plus qu’une simple histoire de siège à tenir, de vengeance à réaliser… il a fait prendre à la saga une tournure profondément inattendue qui m’a laissée sur les fesses.

Ne parlons même pas des dernières pages qui m’ont laissée dans un état de « je ne sais plus pour quel sentiment opter mais il va me falloir la suite rapidement », tout en me disant que c’était quand même incroyable, tout ça. Le tout s’est grandement complexifié, avec des aspects tant réalistes que magiques qui m’ont sérieusement enchantée !
Parce que c’est ça, aussi, que j’aime beaucoup dans cette saga : le côté fantastique qui est parfaitement bien maîtrisé. Je ne dirais pas que ça m’envoie du rêve (les démons, zombies et vampires ne me font pas spécialement rêver), mais quand même, presque !

Concernant la plume de Stéphane Soutoul, j’en suis fan : il réussit à mêler du sérieux et du moins sérieux, à nous décrire les situations comme si nous y étions et évidemment, à déclencher un tourbillon d’émotions auquel nous ne nous attendions pas forcément. J’aime aussi beaucoup les messages qu’il nous fait passer, malgré la nature difficile de Syldia et ses contraintes : le choix de quoi faire de sa vie, celui d’assumer la culpabilité ou simplement les conséquences de ses actes, l’altruisme… bien le monde d’Anges d’Apocalypse soit relativement sombre, la lumière est loin d’être absente !

En conclusion, ce troisième tome a été une franche réussite pour moi. Bien que je reste assez surprise à cause de la temporalité courte (j’ai l’impression de ne pas avoir assez vécu malgré le condensé que cela a pu représenter), je suis émerveillée du côté fantastique, addictif et prenant de l’intrigue. On y trouve beaucoup de surprises, les choses se complexifient sérieusement (pour mon plus grand bonheur), et malgré le côté sombre de cet univers, la lumière passe de bien des façons dans les comportements et les messages que le personnage de Syldia/Sam nous envoie. Je ne vous raconte pas combien j’ai envie de lire la suiiiite !
Ce sera donc un 17/20 pour moi, et je vous conseille vraiment de découvrir cette saga !



Tome 4 : La Guerre des Aurores


Tout va de travers dans ma vie, ou plutôt dans « mes » vies devrais-je dire.

Aussi dingue que courageuse, Lorna a décidé d’arracher Nolhan des griffes de sa monstrueuse épouse. Puisque j’ai promis au vampire de protéger sa goule, me voilà donc embarquée à Paris avec cette dernière pour une mission sauvetage. Tu parles d’une virée touristique : l’escapade dans la Ville Lumière se transforme rapidement en piège mortel ! Elle marque aussi mes retrouvailles avec un homme qui a le chic pour affoler mes sens…
Pendant ce temps, à Toronto, deux de mes sœurs sont devenues des renégates. Il semble que l’affrontement avec elles soit inéluctable, à moins que je parvienne à les raisonner. Samantha la lycéenne en sera-t-elle capable ?
Cernée par les menaces, la pire des épreuves reste l’éloignement du garçon auquel mon cœur s’est attaché envers et contre tout.
Avec deux identités pour une seule âme, je me retrouve plus que jamais écartelée entre la raison et les sentiments.

Oui, comme vous pouvez le voir, je n’ai pas hésité, lors d’une pénurie de lecture, à me procurer le tome 4 de cette saga. J’avais vraiment envie de découvrir la suite, et je suis bien contente d’avoir pris le tome 5 dans la foulée !

Dans La Guerre des Aurores, la situation est critique. Du côté de la nuit, Syldia doit gérer les Dark Breakers et une guerre imminente entre sorciers et vampires, à laquelle ses sœurs se mêlent pour compliquer la situation. Les conflits entre cavaliers de l’Apocalypse ne sont pas pour faciliter les choses, et avec ça, notre tempétueuse héroïne va accompagner Lorna pour aller récupérer Nolhan à Paris, histoire de tenir ses engagements. Quelques surprises l’attendent, en France… Du côté de la journée, les choses sont encore pires : depuis la fusion de Nathan avec le démon, celui-ci peine à contrôler ses pouvoirs. Et si cette nouvelle alliée pouvait l’aider, comme elle le prétend ? Sam n’y croit pas un instant, et elle pourrait avoir raison. Elle ignore cependant à quel point tout pourrait s’aggraver.

Retenez la dernière phrase de mon résumé. Ce tome est un fouillis de complications que je n’aurais même pas voulu imaginer ! Et devinez quoi ? J’ai tellement apprécié ! Plus nos personnages se retrouvent dans des situations invraisemblables, plus je suis accrochée à mon livre, et je peux vous dire que Syldia/Sam a un véritable don pour s’attirer les ennuis.

J’avais lu un commentaire sur Livraddict indiquant que ce tome-ci serait plus sombre que les précédents. En effet, j’ai pu constater que le bouquin était assez noir, violent et difficile, par moments. Là, Stéphane Soutoul est allé au fond des choses et il n’a pas eu peur des coups, des remontrances et sûrement des imprécations de ses lecteurs ! Notre héroïne vit des trucs qui m’ont fait mal au cœur, et pourtant, elle encaisse, elle avance, et la lumière semble revenir sur la fin alors que tout semble quasiment perdu.

Pour tout vous dire, je suis encore sur les fesses de ce qui s’est annoncé et qui va devoir être résolu dans le dernier tome. Les éléments mis en place m’ont soufflée, et j’en suis encore toute étonnée et secouée. Je ne m’attendais pas à un tel retournement, à une telle machination, et pourtant, le tout reste absolument logique ! Notre auteur a réussi à tout emboîter pour nous créer un véritable cyclone dans lequel on ne sort plus avant d’avoir terminé cet opus. Et encore, une fois fini, mon esprit y est encore arrimé, c’est vous dire !

Bref, je ne vais pas tourner quinze fois autour de cette intrigue incroyable qui parfois m’a un peu fait serrer les dents ou dégoûtée vu ce que j’ai aperçu. Impossible d’y rester indifférent, je crois ! Oui, parce que tout ceci mêle différents personnages secondaires et qu’il est très difficile de ne pas se sentir touché par l’un ou par l’autre. La violence et la noirceur de certains passages côtoie la douceur mais aussi la tristesse, le désespoir et la détresse de beaucoup d’autres. Ne serait-ce que la lutte entre les quatre sœurs, qui est, mais… déchirante !

Au niveau des personnages, justement, il y en a que j’ai appris à détester de façon exponentielle. Je ne dirai pas qui, mais les méchants, là, franchement, ils ont vraiment un caractère manipulateur, on a envie de les ligoter pour les enfermer toute une nuit avec la version complète en suisse-allemand de Dora l’exploratrice. D’autres, en revanche, nous apportent de belles valeurs, une palette d’émotions, comme Lorna et Nolhan, ou Nathan (comme toujours), ainsi que Syldia/Sam. Je répète depuis le début de la saga que ce personnage a toute ma sympathie malgré sa nature peu avenante, parce que j’aime les caractères forts, et qu’elle essaie de se battre pour ce qu’elle croit juste. J’aime les héroïnes comme elle, imparfaites, qui doutent parfois, qui ont de la peine à avancer, mais qui ne lâchent jamais !

Concernant la plume de l’auteur, je suis toujours aussi fan. Il joue avec nos émotions, sait à la fois imposer un peu de poésie et du sarcasme, et j’avoue que niveau réalisme, j’apprécie toujours autant. Il y a des moments, avec de simples précisions, je m’y crois, à Toronto, ou dans les lieux particuliers qui sont nommés ! Stéphane Soutoul arrive à manier différents registres pour ses différentes scènes : les batailles, les moments de conflits, les révélations, la romance… et tellement encore ! Ça donne un roman assez explosif malgré sa noirceur !

En conclusion, le quatrième tome d’Anges d’Apocalypse est encore un succès pour moi. Il est en effet plus noir, plus violent, et la situation se complique franchement, ce qui devrait plaire à d’autres autant qu’à moi ! L’intrigue prend des chemins inattendus, et il est ardu de rester indifférent aux personnages, qui nous dévoilent une myriade de facettes. La lumière est cependant présente, surtout sur la fin, ou dans le comportement de Syldia, qui continue à se battre pour ses valeurs, même si elle n’est pas parfaite, loin de là. C’est une femme forte, pleine de caractère, comme on les aime ! Alors même si c’était plus sombre, je suis impatiente de lire le 5, histoire de voir la tournure des évènements !
Ce sera donc un 17/20 pour moi !
  
 
Tome 5 : La Caresse des Aurores
 
Certaines personnes ont un mauvais karma, les veinardes : le mien est carrément tragique ! Et vous savez quoi ? J’ai l’intime conviction que le pire reste encore à venir. Une hécatombe est à deux doigts de dévaster les rues Toronto. Mes sœurs et moi sommes les seules en mesure de stopper la créature qui éradique toute vie sur son passage, tu parles d’une corvée ! Desmond, quant à lui, s’apprête à livrer un duel contre le plus maléfique des sorciers. Il va affronter la mort pour que notre couple ait une chance de s’épanouir, mais un avenir commun avec l’homme que j’aime est-il seulement possible ? La vérité, c’est que je suis prête à tout sacrifier pour sauver les êtres chers à mon cœur. Je crains toutefois que cette résolution m’oblige à choisir entre Nathan et la sauvegarde de l’humanité. Mes deux identités vont-elles réchapper aux dangers qui les cernent de toutes parts ?

Comment ça, j’ai foncé pour lire la fin de la série ? Impatiente, moi ? Non, pas du tout ! Enfin, peut-être un tout petit peu. Mais comprenez-moi ! Il était dans ma liseuse : pourquoi attendre ?

Nous retrouvons Syldia/Sam qui doit faire face aux problèmes soulevés dans le tome 4. Desmond revient, bien décidé à garder sa place de lord en bottant les fesses de Tadeus, tandis que Syldia, autant que Sam, doit composer avec la menace qui pourrait bien anéantir les cavaliers de l’Apocalypse ainsi qu’une bonne partie de l’humanité. C’est sans compter sur sa combativité. Mais Famine ignore encore tous les tours et détours qui vont survenir avant que cette guerre ne cesse…

En fait, vous faire un résumé qui ne spoile pas tout le tome 5 et les tomes précédents s’avère chèvrement compliqué. Il y a plein d’éléments qui ont été mis en place et qui sont repris dans ce final que j’ai du mal à taire pour vous préserver la surprise ! Tout ce que je peux vous dire, c’est que cette fin est assez explosive et qu’on a presque l’impression que ça se passe très (trop ?) vite. Non, pas trop, puisque rien n’est gagné.

Bon, alors il faut que je réorganise mes idées histoire de réaliser une chronique à peu près correcte. J’étais impatiente de savoir comment tout ce cheni allait se clore, quelles solutions seraient trouvées et si les soupçons que j’avais développés s’avèreraient fondés. Surprise ! J’avais raison ! Ne comptez en revanche pas sur moi pour vous dire sur quoi !

Dès le départ du roman, nous sommes replongés dans l’effervescence de cette situation proche du chaos, si incertaine de bien des façons. Stéphane Soutoul nous rappelle à quel point il aime jouer avec nos émotions, puisqu’il s’amuse ensuite à inclure de la romance à petites doses, ce qui est assez addictif en plus des énormes problèmes dans lesquels notre héroïne s’est fourrée sans même le vouloir. En fait, beaucoup de choses sont à un stade critique, et ça se sent !

Pour autant, les Cavaliers n’abandonnent pas, et Syldia encore moins. Je ne dirais pas que c’est la plus combative des quatre sœurs, mais j’ai franchement apprécié sa ténacité et sa verve, ici, bien plus que dans les autres tomes ! Elle se bat pour ce en quoi elle croit, pour un avenir possible avec son chéri, pour ceux qu’elle aime, et elle le répète plusieurs fois. Ça donne un caractère puissant au récit, qui l’est déjà assez grâce à la scène de combat qui se profile. Ah ça, je peux vous dire qu’on l’attend de pied ferme !

Mais restons sur les personnages. Je pourrais encore vous parler de Syldia, si téméraire, intelligente et butée, aussi. Elle a beaucoup de défauts, qu’on peut considérer comme des qualités, aussi, hein, néanmoins sa personnalité explosive me plait toujours autant, surtout qu’elle laisse entrevoir pas mal de faiblesse, d’humanité dans ce dernier opus, et je dis oui ! J’achète ! Concernant les autres sœurs, j’avoue avoir été super surprise par Raven, que j’apprécie du coup beaucoup plus ! Chacune dévoile un peu plus de ce qu’elle est réellement et ça claque !

Autre chose qui claque énormément : les éclats de luminosité dans le roman. Il y a des scènes tellement, mais tellement attendrissantes ! Ok, elles côtoient des moments très sombres, critiques, encore une fois, et sanglants parfois. Mais franchement ! Le dernier chapitre du bouquin a failli me faire pleurer ! J’étais trop émue, c’était tellement beau… il y a plusieurs scènes qui me reviennent, pleines d’une douceur bénéfique ! Pour une conclusion, je vous avoue que j’ai trouvé ça juste parfait.

À côté de ça, Stéphane Soutoul nous mène à la baguette pendant toute son intrigue. Il fait monter le soufflé qui heureusement ne retombe pas du tout ! Il a très bien su gérer  tous les temps de son histoire, avec des alternances, des pauses… pour nous ménager, peut-être, parce qu’au final, nous en recevons un paquet et… on en redemanderait presque !

Non, pour être honnête, ce serait de la gourmandise. Ce dernier opus apporte des nouveautés, conclut pas mal de choses et ne nous laisse pas sur un sentiment de frustration comme on peut parfois en rencontrer. J’ai apprécié le côté magique, les scènes de bataille, même si elles étaient un peu violentes, ça collait avec toute la saga. Il n’y a pas eu pour moi de fausse note, j’ai été embarquée du début jusqu’à la fin, et ça n’a fait que confirmer le fait que Stéphane Soutoul est vraiment un auteur à suivre !

La plume de l’auteur ? Comme d’habitude, empreinte d’une poésie qu’on peut facilement remarquer et apprécier, mais aussi très franche, crue aussi quand Syldia parle. Bref, une écriture qui peut laisser passer une multitude d’émotions, pas mal de sarcasmes et coller à bien des situations pour nous river au bouquin ! Grandiose !

Je vais m’arrêter ici, même si j’aurais encore tellement, tellement de choses à vous raconter. L’aspect fantastique, la romance, la tension, les scènes de conflits ou les relations entre les personnages… ce cinquième tome conclut parfaitement la saga et se présente comme indéniablement riche et de qualité. La plume est toujours aussi belle, envoûtante et la fin du roman nous laisse sereins, sans frustration. Une excellente conclusion, donc !
Je vous recommande chaudement cette saga, pour ses multiples surprises, son héroïne si forte et attachante et pour toutes les qualités que je n’ai pas énoncées mais qui la composent ! Ce sera donc un 18/20 pour moi et merci, merci Stéphane pour ce voyage !