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lundi 9 janvier 2017

Gregor (Suzanne Collins)

Tome 1 : La Prophétie du Gris

UN GUERRIER DE SURTERRE, UN FILS DU SOLEIL.
NOUS RENDRA LA LUMIÈRE, OU NE NOUS RENDRA RIEN.

Comment cette prophétie pourrait-elle concerner Gregor, adolescent ordinaire, menant une vie ordinaire dans une ville que chacun pense connaître ?
Mais New-York a ses secrets. Et un jour, Gregor bascule dans un nouvel univers, dans une ville sous la ville, un monde derrière le monde, plein de défis et de créatures insolites.
Un monde qui attend sa venue depuis des siècles.
Car Gregor est un vrai héros.
Seulement, il ne le sait pas encore...

Pour tout vous dire, j’avais prévu de ne pas lire ce bouquin, jusqu’à ce que Justine de Lire-une-passion en décide autrement. Ah, les copines de lecture, je vous jure…

Le tome 1 de Gregor nous envoie à la rencontre de ce dernier, un jeune de 11 ans qui veille sur sa petite sœur le temps d’un été. Son père a disparu depuis plus de deux ans, et il essaie de faire plus adulte qu’il ne l’est afin d’aider sa mère comme il le peut. Un jour, pourtant, en compagnie de sa sœur Moufle, ils vont littéralement basculer par accident dans un tout nouveau monde dont ils ne connaissent rien ni personne. À moins que… et si le hasard n’existait pas ?

Il est de plus en plus rare que je lise du jeunesse pur et dur, pourtant, je me suis laissé amadouer. J’avoue ne pas avoir plus apprécié que cela, mais c’était loin d’être une torture pour moi ! Ça m’a changé de Hunger Games de la même auteur, que je n’avais pas du tout apprécié.

Cette fois-ci, les choses sont différentes. Le ton, déjà, est beaucoup plus proche, beaucoup plus complice avec le lecteur. C’est quelque chose que j’ai remarqué dès les premières pages avec satisfaction, parce que cela offre une proximité que l’on ne trouve pas toujours. Ajoutez à cela des personnages qui ont des forces et des faiblesses, très humains mais qui vont de l’avant quoi qu’il en coûte, et vous risquez de vous plaire entre ces pages.

Parlons donc de Gregor. Ce jeune ado a déjà vécu des choses difficiles, et il supporte beaucoup pour son âge. J’ai beaucoup aimé sa capacité de réflexion, son innocence mais aussi son humilité et sa détermination. C’est un héros qui a ses défauts, mais qu’on finit par apprécier, et sans trop tarder ! Moufle, sa petite sœur, est aussi innocente que crapule, et on s’attache aussi à elle. Elle apporte un souffle important au roman, une bouffée de vie et d’union non négligeable. Elle aura d’ailleurs été responsable d’un grand sourire chez moi !

Les personnages qui entourent Gregor dans son périple sont assez uniques en leur genre. Les créatures ont de quoi vous répugner et même si elles peuvent s’avérer surprenantes dans le bon sens, j’avoue ne pas avoir tellement apprécié leur proximité. Surtout les fileuses, pour être honnête…

L’univers créé par Suzanne Collins est intrigant, c’est une certitude. Elle a très bien construit l’ensemble, et fondé sa trame tout autour avec beaucoup d’intelligence. Pour un livre jeunesse, ça apporte beaucoup de réflexion et parfois de profondeur, et je trouve ça bien. Pour autant, je n’ai pas démesurément apprécié, et si la dernière partie m’a un peu plus embarquée, je l’ai lu dans l’ensemble parce que je l’avais commencé, mais sans réel enthousiasme. Pour autant, je sais qu’il saura charmer de nombreux lecteurs !

Le roman ne manque pas de rythme, la plume est fluide, les pensées simples mais justes et claires pour chacun. Suzanne Collins a réussi à présenter des situations, des descriptions et des réflexions qui nous rejoignent et sauront surtout atteindre les plus jeunes dans leur lecture. Le monde est présenté comme dur, l’espoir y est pourtant permis et recherché.

Tiens, parlons donc des valeurs. L’espoir est une douce lumière à laquelle on se raccroche, et si Gregor lutte parfois pour ne pas tomber trop haut après avoir rêvé ou trop espéré, il incarne beaucoup d’espérance. L’humilité se retrouve, la foi aussi, quelque part, et l’amour des autres. Vraiment, il y a de belles leçons et Gregor offre de belles pistes pour calquer son attitude. J’aime beaucoup ce point-là, d’ailleurs. La famille reste un point central, et le pardon aussi, ainsi que la loyauté. C’est une jolie fable dans un monde cruel qui peut pourtant faire sourire, quand on remarque…

Quant à la fin, elle m’a aussi gentiment fait sourire. Si elle ne m’a pas vraiment donné envie de lire la suite, j’ai apprécié le ton de dérision qui s’en dégageait, ainsi que la gravité des dernières lignes. Ça promet certains rebondissements dans le tome 2, et il est vrai que je me demande ce qui pourra avoir été inventé comme problème, cette fois-ci !

Enfin bref, Gregor 1 aura été une lecture plaisante à mes yeux, mais sans plus. Si l’on ne m’avait pas mis le bouquin dans les mains, je ne m’y serais pas plongée, et je l’ai fini parce que je l’avais commencé. Les personnages sont cependant charmants en ce qui concerne Gregor et sa sœur, assez uniques et surprenants pour les autres. L’intrigue est prenante, la plume fluide et complice avec le lecteur, l’univers créé original, bien que je n’y aie pas totalement adhéré.
Ce sera donc un 14/20 pour moi, et je le conseille aux amateurs du genre !

mardi 24 mai 2016

Cabot-Caboche (Daniel Pennac et Miles Hyman)

Fatigué de sa solitude, "le chien" décide de se trouver des maîtres, des vrais, capables de l'aimer et de s'occuper de lui. C'est alors qu'il rencontre Pomme, une petite fille assez capricieuse, en fait, une vraie cabocharde. Elle l'adopte puis, bizarrement, devient indifférente. Lequel des deux apprivoisera l'autre ? Tout le talent de Pennac pour ceux qui risqueraient d'oublier que "quand on choisit de vivre avec un chien, c'est pour la vie".

Alors ! Je peux enfin prendre le temps de me poser pour vous taper mon avis sur un livre qui marqué mon enfance. J’ai été très, très heureuse de pouvoir me replonger dans cette histoire de Daniel Pennac…

Cabot-Caboche, c’est l’histoire du Chien, qui décide un jour – après l’abandon de sa mère de substitution, une chienne de la décharge – de se trouver une maîtresse. Et cette maîtresse, ce sera Pomme… Pomme, cabocharde comme pas possible, qui va faire un caprice à ses parents pour l’avoir, lui, le cabot… et finalement s’en désintéresser complètement une fois qu’ils seront de retour au quotidien. Que faire ? Le Chien va fuguer… mais est-ce pour autant la fin de leur histoire, de leur amitié ?

Pour être honnête, si je me souvenais très bien du fait qu’on suivait un chien, qu’il y avait Pomme et la Poivrée, fichtre, j’avais tellement oublié ! Je suis bien contente d’avoir pu rafraîchir ma mémoire et d’avoir pu redécouvrir cette histoire ! Je le dois d’ailleurs à une de mes élèves avec qui j’ai lu quelques passages à haute voix : impossible de ne plus vouloir me le procurer ensuite !

On retrouve très vite le style de cet auteur particulier : ses remarques entre parenthèses, ses petits sarcasmes que parfois on ne comprend qu’une fois adulte, et… comme pour la plupart de ses bouquins : des aspects que je n’aurais jamais pu entrevoir étant gamine. Ces bouquins sont des romans jeunesse, mais parfaitement pertinents quand on est plus vieux aussi !

J’ai retrouvé Le Chien, qui est personnage fort sympathique, qui réfléchit pas mal, et qui m’a beaucoup touchée par ses hantises, ses réflexions, justement, et ses blessures. On le considère à la fois comme un enfant un peu grand, un peu innocent, parfois, et comme un chien qui en a déjà beaucoup vécu. Il est très nuancé et pourtant facile à cerner, c’est vraiment chouette !

À côté de lui, il y avait Pomme, qui elle, m’a franchement gonflée avant de rentrer dans mes bonnes grâces. Mais quelle caboche, et c’est le cas de le dire ! Ses caprices, ses exigences… surtout quand elle revient au Chien, nom d’un chat ! J’ai été contente que sa relation avec lui puisse la faire mûrir. Quant à ses parents, n’en parlons pas, ils ont été stéréotypés, un peu, mais même, oh la chèvre, j’avais envie de les… ouh, de les taper, oui ! Après, il y a eu aussi le Hyéneux, qui est un personnage animal qui m’a beaucoup plu, par sa philosophie et sa manière d’être…

L’intrigue est assez complexe, je trouve, dans sa mise en place : on découvre Le Chien avec Pomme, puis on revient sur son passé, jusqu’à cet instant T, et ensuite, on accède à ce qui se dit ensuite. C’est un voyage particulier, assez propre à Pennac, aussi, que j’ai pourtant apprécié. Ça a éveillé ma curiosité, mais comme d’habitude, je me suis laissée porter. Suivre Le Chien n’est pas toujours une partie de plaisir, mais quelles leçons !

Ceci est un des gros points forts qui ressort toujours avec cet auteur : le sens des valeurs qui émane de ses romans. Les discussions du Chien avec le Hyéneux, la vérité brute qui est parfois présentée, c’est à la fois très doux et très dur à envisager. Je comprends que certains aient été choqués par ce roman, parce qu’il aborde des points peu évidents, comme la noyade et l’abandon de certains chiens/chiots… il est difficile de rester indifférent.

Au final, même si ce roman nous parle d’un Chien avec son amie (et non pas sa maîtresse), il est empli d’une humanité et d’une sensibilité incroyable, qui saura percuter le lecteur à tout âge. Si vous prenez en plus la note de fin de Daniel Pennac, faites-moi confiance : ça vous aura largement fait réfléchir !

La seule zone d’ombre que j’ai sentie dans ce roman concerne la vengeance du Chien. Je ne m’en souvenais pas, et j’ai peu approuvé ce procédé, tout simplement parce que je réprouve la vengeance en soi. J’aime moyennement le message que ça fait passer, mais quelque part, c’est justifié. C’est un rendu de violence. Je ne suis pas foncièrement d’accord, mais avec mon regard d’adulte, je comprends. Et puis, évidemment, l’auteur arrive à nous faire saisir le pourquoi du comment, et le bouquin se finit sur une bonne note. Que demander de plus ?

Enfin, la plume reste très fluide, elle s’adresse directement au lecteur, parfois pour s’en éloigner un peu et laisser l’histoire respirer, sans le prendre à partie. On y trouve de très belles leçons, il n’y a pas de temps morts, et pourtant, il y a un certain nombre de descriptions ! Un savant mélange, pour moi ! Et un livre que je suis heureuse d’avoir relu, de posséder désormais dans mes étagères !
Et je ne vous ai pas parlé des illustrations qui ponctuent le bouquin, elles aussi pleines de caractère et que j’ai beaucoup appréciées, au passage !

En conclusion, Cabot-Caboche a été une très belle relecture. Si elle contient une certaine violence et une certaine âpreté que j’avais oubliée en grandissant, l’aspect humain et la sensibilité qui s’en dégagent m’ont à nouveau totalement charmée. Je comprends mieux pourquoi ce livre m’avait tant marquée : entre les leçons qu’on en tire, l’intrigue jonglant entre présent, passé et futur, les personnages forts et la plume de l’auteur, unique en son genre, il y avait de quoi !
Je le recommande sincèrement, à tous, que vous soyez jeunes depuis plus ou moins longtemps ! Ce sera un 17/20 pour moi !

mercredi 9 décembre 2015

Alfie Bloom (Gabrielle Kent)

Tome 1 : Alfie Bloom et l'héritage du Druide

Alfie Bloom est un garçon ordinaire, jusqu’au jour où il reçoit un héritage inattendu : un château ! Et pas n’importe lequel, le château d’Hexbridge, un endroit bizarre où les majordomes ont de bien étranges pouvoirs et où les peaux d’ours peuvent voler. Le garçon y découvre bien vite que les circonstances de sa naissance font de lui l’unique gardien d’une magie vieille de plusieurs siècles. Avec l’aide de ses cousins, Maddie et Robin, il devra tout faire pour la contrôler et la protéger des forces obscures qui veulent s’en emparer.

Avant de commencer, je tiens à remercier encore une fois les Editions Michel Lafon pour ce partenariat ! Ça a été une très bonne lecture !

Alfie Bloom et l’héritage du druide, rien que le titre en dit pas mal sur l’histoire. Alfie est un garçon somme toute ordinaire, un peu marginal, qui va un jour hériter de façon totalement inattendue d’un château, inhabité depuis 600 ans ! Une chance que le lieu se situe près de la famille de sa mère, il va pouvoir renouer avec ses cousins ! Et ce n’est pas tout, le château pourrait cacher bien des surprises, sans compter qu’Alfie est peut-être bien plus qu’il ne le pense…

Bon, j’avoue, il est assez difficile de vous faire un bon résumé sans spoiler, parce que le roman n’est pas si long et qu’il est plein de révélations super intéressantes. Admettons aussi que cette histoire est définitivement jeunesse et que j’ai souvent reproché à bien des lectures le fait de trop l’être (ou simplement de ne plus correspondre à ce que j’attendais).

Surprise ! L’ensemble est très jeunesse, mais je me suis éclatée dedans ! (pas au sens littéral, évidemment) Alfie est un personnage touchant, un peu buté aussi mais plein de sensibilité à sa façon et j’ai vraiment accroché avec lui. Sans compter que ce qui lui arrive est juste hypra intéressant, intriguant et original !

Oui, original. J’avais un peu peur de tomber encore dans un truc Harry Potter ou allez savoir quoi. Ben non ! Gabrielle Kent a su créer un univers magique différent, qui me rappelle un peu Merlin l’Enchanteur (le Disney). Et j’aime Merlin l’Enchanteur. Du coup, j’ai totalement adhéré au contexte, au héros, aux péripéties ! (gros plus, plus, pour Artan !)

Parce que ce roman se met très vite en branle : pas de descriptions superflues, de passages « à vide », non ! On est bien dans du bon jeunesse qui va droit au but en faisant une jolie place aux ressentis pour aller un peu plus loin, ce qui donne des chapitres de taille moyenne qui se lisent avec une certaine facilité et avec des rebondissements que l’on n’attend pas forcément !

Le seul « hic » que je pourrais mentionner, c’est que j’avais découvert certains trucs avant les révélations. Ça, c’est plutôt normal, même si j’ai été amusée de voir comment ça se passait ! Parce que les méchants sont de vrais méchants, dedans. Ils font peur, enfin presque, et ils font de vraies manigances ! C’est pas juste pour faire de la déco, il y a du vrai danger !

Pour ça, j’ai vraiment aimé l’histoire parce qu’on sent un investissement de l’auteur, de son imaginaire, et dans tous les niveaux, y compris donc dans les méchants. Même les pestes du bouquin sont convaincantes, à tel point que j’avais envie de les taper moi-même ! Il y a des passages touchants, d’autres drôles… ça donne quelque chose qui vous embarque et que même si on n’a plus l’âge de lire du jeunesse (j’suis jeune, dans ma tête), on se laisse prendre au jeu quand même !

Au niveau de la plume, je pourrais dire qu’elle est simple mais on sent qu’il y a une recherche de l’idée. Je m’explique : comme je vous l’ai dit, il n’y a pas de longueur et on a l’impression que si l’ensemble est spontané, les idées sont nettes et bien choisies. Pas de fioritures, mais quand même de la liberté. Je me perds en considérations, là, aussi…

Bref, je ne vais pas m’éterniser, cela ne servirait pas à grand-chose. Si je peux vous résumer ça, on dira que ça a été une super découverte dans un univers relativement original et qui m’aura surprise malgré le fait que j’aie deviné certains éléments à l’avance. Les personnages sont attachants, réalistes et même les méchants sont crédibles parce qu’ils vont au bout de leurs manigances. L’auteur n’a pas peur de présenter des trucs un peu effrayants sur les bords et d’installer une tension qui marche de fait très bien. La palette des sentiments que ce livre éveille chez le lecteur est assez développée, et avec une plume fluide aux idées bien cernées.
En conclusion, ce sera un 17/20 pour moi !


Tome 2 : Alfie Bloom et le voleur de talismans 


Du jour au lendemain, la vie solitaire et sans intérêt d'Alfie Bloom a été bouleversée quand il a hérité du château de Hexbridge. Mais le prix est lourd à payer : des dangers qu'il n'aurait jamais imaginés le guettent désormais à chaque instant. Quand Ashford, son ami le majordome, est enlevé sous ses yeux au beau milieu de la nuit par des elfes malfaisants. Alfie ne sait plus à qui se fier. Pour le récupérer, un terrible échange est proposé...

J’avais beaucoup aimé le tome 1 d’Alfie Bloom, lecture si légère, et pourtant si riche et amusante ! Sachez que le tome 2 poursuit l’exacte lignée et que ça a été un plaisir de pouvoir m’y plonger !

Alfie Bloom et le voleur de talisman nous ramène à Hexbridge, dans le château d’Orin Hopcraft, auprès d’Alfie et de son père. Cette fois-ci, alors qu’Alfie essaie encore de comprendre les implications des évènements du tome 1, Ashford, le majordome, se fait enlever sous les yeux du garçon, qui va vite comprendre que pour le récupérer, il faudra donner en échange quelque chose dont il ne faut pas se séparer. Mais quelle alternative possède-t-il ? Arrivera-t-il à surmonter cette nouvelle épreuve avec ses cousins Robin et Maddie, sa meilleure amie Amy ainsi qu’Artan ?

J’étais toute contente de replonger dans l’histoire de Gabrielle Kent, je l’avoue ! Le tome 1 reste à mes yeux un roman jeunesse fascinant qui peut ravir à la fois les plus jeunes et les jeunes depuis plus longtemps ! La magie d’Hexbridge est tout simplement unique et elle nous emporte, elle nous fait rêver ou trembler.

Nous retrouvons Alfie Bloom, jeune adolescent qui peine à savoir quoi faire depuis son combat de l’hiver. Quelques mois ont passé, mais Alfie ne se sent toujours pas très bien. L’enlèvement d’Ashford ne va rien arranger, mais notre héros est déterminé à sauver son ami, vaille que vaille ! Hors de question d’abandonner, même s’il faut risquer sa vie ! Son ingéniosité et son courage seront ses meilleurs alliés.
Alfie est un personnage que l’on aime suivre parce qu’il est simple, qu’il se sert de sa tête et qu’il se soucie des autres. Il ne cherche nullement le pouvoir pour le pouvoir, mais plutôt pour faire le bien. Ses faiblesses peuvent devenir des forces et on ne peut s’empêcher de le trouver touchant !

De même, les personnages secondaires qui l’entourent sont eux aussi bourrés de charme. Chacun a son caractère, plus ou moins exalté, mais tous apportent un plus, une densité très agréable au roman. J’ai encore une fois beaucoup apprécié Artan qui a éveillé mes sourires, mais j’ai aussi un peu plus découvert Amy, Maddie et Robin qui nous réservent d’agréables surprises ! Il en va d’ailleurs de même pour plusieurs personnages rencontrés dans ce tome 2.

Au niveau de l’intrigue, elle devient tout de même assez complexe dans un temps relativement court (si vous regardez bien, le tout est lancé et résolu en moins de 250 pages, il faut le faire !) et ça nous prend très vite ! Surtout que Gabrielle Kent a vraiment décidé de faire trimer ses personnages, puisqu’ils essaient diverses tentatives et qu’ils doivent plusieurs fois faire face à l’échec. De quoi montrer que tout n’est pas réussite mais qu’il ne faut pas abandonner pour autant !

C’est aussi l’occasion d’en apprendre plus sur l’univers magique créé par notre auteure, qui plus il se déploie, plus il nous intrigue. Je dis oui et trois fois oui ! Il me semble qu’il s’inspire de trucs comme Merlin, et je suis toujours admirative de ce côté-ci ! Ça donne quelque chose d’un peu médiéval, qui est remis au goût du jour donc c’est un gros plus ! Et si vous ajoutez en plus des éléments un peu surnaturels et improbables, youhou ! Ça rend la chose fantastique !

Que dire de plus ? La plume de Gabrielle Kentz est encore une fois très douce, parfaite pour un roman jeunesse, bien qu’elle sache impulser une nouvelle maturité à son personnage. Alfie grandit et prend la mesure de ses actes, de ses responsabilités, tout en sachant garder son caractère d’ado un peu enfant. Elle sait à la fois nous faire trembler (parce qu’elle ne fait pas semblant sur les dangers qu’ils peuvent encourir tous et va au fond des choses), et nous faire sourire en évoquant cette magie (avec Artan, notamment) ou en provoquant de sympathiques dialogues au milieu de nos personnages hauts en couleurs !

Les valeurs sont encore une fois très belles : Alfie est prêt à renoncer à beaucoup de choses pour ceux qui lui sont proches, et le sens du respect et de l’honneur (allant de pair avec la fidélité, ici) sont bien mis en avant. Il est aussi question de la place de chacun, de l’utilisation de nos dons, bref, un vrai livre jeunesse qui nous veut du bien !

En fin de compte, le deuxième tome d’Alfie Bloom est juste une pure réussite pour moi. Il est actuellement en face de moi et je le regarde avec affection, parce que je suis attachée à l’univers et aux personnages qui s’y trouvent. Chacun évolue, présente un caractère unique, de même que le côté surnaturel qui est un mélange de pas mal de genre et qui nous fait rêver, ou trembler lorsque l’intrigue s’emballe et que nos héros semblent ne pas savoir comment s’en sortir. Gabrielle Kentz nous vend du rêve ! Un roman jeunesse qui en plus nous veut du bien dans ses messages, presque sans le vouloir ! Tout aussi bon que le premier opus !
Je le conseille sincèrement, et ce sera un 17/20 pour moi !



Tome 3 : Alfie Bloom et la Sorcière de l'île du Démon



Il est grand temps pour Alfie Bloom de voyager dans le passé pour débuter son apprentissage auprès d’Orin Hopcraft, le dernier des grands druides. Car la magie qu’il a en lui, plus indomptable que jamais, peut l’entraîner à tout instant vers son côté obscur… Mais alors que le garçon commence à peine à comprendre son pouvoir, une étrange créature de ténèbres attaque ses proches et plonge Orin dans un coma profond. Pour sauver ses amis, Alfie doit à tout prix trouver la seule personne à même de l’aider : la sorcière de l’île du Démon.

Ayant beaucoup apprécié les deux premiers tomes de la trilogie consacrée à Alfie Bloom, je me devais de plonger dans le troisième opus pour avoir le fin mot de l’histoire ! Je n’ai pas été déçue de mon voyage, parce qu’on y trouve bien plus que de la magie et de l’aventure…

Dans Alfie Bloom et la Sorcière de l’Île du Démon, Alfie Bloom se rend dans le passé pour deux semaines avec sa meilleure amie et ses cousins, afin de parfaire son apprentissage auprès d’Orin Hopcraft, et de maîtriser la magie en lui, sauvage et obscure. Mais une menace plane autour d’Alfie, et une créature d’obscurité viendra s’attaquer à eux, à Orin, les laissant tous démunis et obligés de s’en référer à une sorcière dont ils ne savent rien. Réussiront-ils à vaincre et à ramener Orin ?

Le dernier tome de la trilogie de Gabrielle Kent réserve quelques surprises au lecteur. Dans la lignée des deux premiers opus, l’auteur a voulu nous embarquer dans un univers teinté de magie où rien n’est simple, mais où l’amitié et les cœurs purs, volontaires, peuvent vaincre de tout. En voyant le résumé et la couverture du bouquin, on pourrait s’attendre à une longue quête équipe, à des combats, bref, à du surnaturel en puissance. Alors oui, et non.

L’intrigue et le nœud du problème se mettent gentiment en place, dans le bouquin. La quête de la sorcière n’intervient que dans la dernière partie du bouquin, après que d’autres choses aient affleuré, aussi importantes que la trame de base. En effet, Alfie, avec son caractère toujours aussi attachant et intègre, découvre qu’il n’est pas doué en tout, et qu’Orin lui en demande peut-être trop. En plus de ça, ses cousins et sa meilleure amie semblent posséder des qualités qu’il ne possède pas, semblent capables de choses qu’il ne pourra jamais réaliser, et plus que jamais, Alfie doute de lui-même. Et s’il n’était que le calice de la magie qu’on a mis en lui ? Qu’a-t-il de spécial autrement ?

Bien sûr, l’intrigue surnaturelle est hyper prenante et originale. Gabrielle Kent réussit à créer un univers fascinant et presque effrayant, en nous replongeant dans cette période du passé. Les jeunes en apprendront beaucoup sur les us et coutumes de l’époque, et je trouve ça très bien. C’est instructif et prenant. Et comme c’est un roman jeunesse, le tout est abordé sans trop de profondeur, mais sans manque non plus.

À propos des personnages, comme je l’ai écrit, Alfie Bloom est toujours aussi attachant. Pour autant, il révèle des côtés plus propres à l’adolescence, avec un questionnement sur son identité, sur ce qu’il doit faire et sur les valeurs qui le motivent. C’est super intéressant, et de le découvrir en proie au doute nous le rend plus proche. Ses cousins et sa meilleure amie sont aussi amusants, bien construits, et ils apportent de la fraîcheur ainsi que du dynamisme au roman. Orin Hopcraft est aussi un personnage qu’on découvre plus, dans le genre Merlin assez sympathique ! Mon seul regret est de ne pas avoir vu plus Artan, d’une certaine façon.

Hormis ceci, la plume de Gabrielle Kent m’a paru encore une fois fluide et précise. Comme je l’ai mentionné plus haut, elle a su aller à l’essentiel, puisque c’est nécessaire dans un roman jeunesse, sans pour autant créer une sensation de manque pour une lectrice un peu plus âgée comme moi. Je me suis pourtant demandé où elle voulait en venir à faire tant tarder l’arrivée du problème dans l’histoire, avant de comprendre qu’elle souhaitait mettre en avant autre chose, et que son intrigue surnaturelle lui servait pour donner une belle leçon de vie.

Ce qui me permet d’aborder le point des valeurs ! Comme toujours, Gabrielle Kent sait présenter des points importants et qui sont pertinents pour les lecteurs jeunesse. En effet, la leçon de vie dont je viens de parler n’est autre que celle que nous ne possédons pas toutes les qualités, et que si certains ont de multiples talents, parfois (souvent), c’est en combinant toutes nos capacités que nous pouvons faire quelque chose de grand. Ainsi, si Orin sait lancer des sorts, utiliser des herbes pour soigner, avoir recours à la magie et d’autres choses encore, Alfie et ses proches, eux, semblent posséder chacun un don, et c’est en s’unissant qu’ils peuvent faire de grandes choses. C’est aussi en prenant soin les uns des autres qu’ils peuvent avancer. C’est vraiment important comme message ! En dehors de ça, on retrouve évidemment l’amitié forte, la volonté du cœur, la justice… l’univers d’Alfie Bloom est propice pour aborder plein de choses !

En conclusion, ce troisième tome aura été une bonne lecture. J’ai apprécié de retrouver Alfie et sa bande, son univers magique intéressant et prenant. Si l’intrigue surnaturelle a su me fasciner (et en fascinera d’autres !), j’ai beaucoup apprécié ce que Gabrielle Kent avait voulu mettre en valeur comme message d’humanité pour la jeunesse. C’est fort, et c’est beau ! Je valide et je plussoie : une bonne histoire fantastique, travaillée, et qui élève le lecteur ! Une belle manière de finir une trilogie qui vaut le détour ! Ce sera donc un 17/20 pour moi !